Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

dimanche 18 décembre 2016

 Réalisation et effets dérivées


Prétendre être quelqu'un exige une grande énergie mentale et physique. Prétendre être un corps-mental, un humain, un homme, une femme, un père, un fils, un français, un allemand, prétendre être une quelconque identité, une forme et un nom, ceci ou cela, doué ou incapable, bon ou mauvais, prétendre quoi que ce soit, demande un effort constant pour maintenir cette image de soi. 

Dés que le sentiment d'appropriation s'étiole, dés qu'il est réalisé que la séparation est illusoire et qu'il n'y a pas d'entité séparée au centre de l'expérience, toute l'énergie dévolue à la maintenance de l'entité séparée se redéploie immédiatement dans le corps.

Ce changement brusque peut générer des effets incroyables, des guérisons à l'apparence miraculeuse, des visions sublimes, des messages iconoclastes, des sensations extatiques, des montées de kundalini, une détente d'une douceur inhabituelle, un courant d'énergie intense, une chaleur bienfaisante, des vibrations dans tout le corps et particulièrement dans la région du ventre et du cœur, ou simplement un sentiment de joie sans objet et non localisé.

L'expérience de l'extase, l'irruption soudaine de facultés nouvelles de perception, le temps des révélations silencieuses, et des bouleversements brusques d'orientation de vie ont été "miennes" en 1998.

Il se peut aussi que la reconnaissance de notre nature véritable se fasse en douceur et en transparence, sans tout ce redéploiement d'énergie et donc sans effets notoires. Il se peut que le seul commentaire du mental soit une sorte de simple reconnaisance tranquille et amusée, une sorte d'étiquetage neutre, comme ce fut le cas pour "moi" en 2012 : "ah oui, mais bien sûr"...

La liste des effets secondaires possibles liées à la reconnaissance de notre véritable nature est infinie et dépend probablemement de la constitution de la structure individuelle de chaque corps mental.

Il est même fort possible que la magnitude du redéploiement d'énérgie liée à la réalisation est sans doute lié à l'intensité de la contraction précédante nécessaire à la maintenance de l'auto-illusionnement d'être quelqu'un. La réalisation opère alors comme l'extinction d'un effort, la résorbtion soudaine d'une tension inutile.

Nous comprenons alors que, moins l'effort était important avant la Réalisation, moins les effets secondaires semblent notables au moment de la Réalisation. Et, plus la contraction avait été importante avant la Réalisation, plus les effets secondaires semblent extraordinaires par contraste avec la situation antérieure et sont susceptibles de susciter fascination et convoitise, arrogance ou autres phénomènes de décompensation, voire d'une sorte d'obsession maladive.

Pour ma part, après l'extase et la fulgurance de l'expérience de 1998, et, bien que "retrouvant" cet état d'unité assez souvent et, notamment, à chaque séance d'accompagnement, en tant que guérisseur ou thérapeute psycho-corporel, j'avais quand même l'impression plus ou moins douloureuse de sortir et de rentrer dans un état. J'avais l'impression de quitter et de retrouver la Présence, que je liais à un certain état vibratoire d'expansion silencieuse et de perception. Il y avait encore l'impression d'un intérieur et d'un extérieur, et le sentiment de séparation continuait à réapparaître dés que cette expérience vibratoire n'était pas de mise. Du coup, la recherche se perpétuait, mais plus insidieusement qu'avant. Car, du fait de cette expérience extraordinaire de 1998 à la fois dans l'intensité et dans la durée, il y a eu un fort attachement à l'expérience et au merveilleux de ce ressenti. C'était "mon" expérience. Il y avait encore de l'imaginaire autour d'une histoire de moi et une sorte d'orgueil subtil consistant à prétendre savoir, à croire que j'avais été éclairé par l'ultime et qu'il n'y avait par conséquent plus rien à mettre en jeu.

Je prenais l'expérience, qui comme son nom l'indique, a un début et une fin, pour la Présence Atemporelle, sans forme et sans âge, en laquelle tout expérience apparaît et disparaît. J'étais tombé dans le piège classique qui consiste à chosifier le mystère. Pêché d'orgueil terrible que celui de l'éveillé spirituel, celui qui sait, qui a l'impression d'avoir été choisi pour changer ou guérir le monde.

Et, en même temps, simple perception lorsque la véritable réalisation affleure.



Nous sommes là au cœur d'une des plus grandes méprises sur le chemin apparent de l'éveil. 

Car, il est courant et piégeux de prendre les sensations merveilleuses que peuvent générer une expérience d'éveil avec la Conscience Inconditionnée elle-même. 

Et, lorsque ces sensations agréables ou extatiques ne se manifestent plus, la plupart des gens ressentent un manque terrible et, pensent s'être du coup avoir été expulsés du Paradis. C'est ce que certains mystiques comme Saint Jean de la Croix, nomment la nuit obscure de l'âme. Ils pensent s'être éloignés d'eux-mêmes et de la Présence, ne plus mériter cette Plénitude et, en tout cas, avoir quitté même momentanément la Conscience Inconditionnée. Cela a pour effet, par le biais de la comparaison mentale, d'amplifier de plus belle la sensation qu'il manque quelque chose mais a aussi pour corollaire de remettre en branle la recherche de ce bien être qui n'est plus désormais qu'un lointain souvenir et qu'on cherche désormais désespérément à réallumer en nous. Il vous semble que vous connaissez désormais de façon objective ce que vous êtes, et tant que cette expérience n'est pas revécue pleinement telle que vous l'imaginez, vous vous sentez perdu. Vous êtes à la recherche d'une expérience à la saveur particulière, d'une mémoire, d'un passé. Et l'avenir doit correspondre à ce passé. Et bien sûr, cette coïncidence n'arrive jamais. Car, à chaque reconnaissance de notre vraie nature, les effets secondaires varient.

Cette incompréhension accentue évidemment la recherche d'une expérience particulière tout en voilant encore plus la Présence de votre véritable nature, en laquelle tout expérience apparaît et disparaît. 

Les sensations et les expériences qui vont et viennent ne sont en effet que des perceptions impermanentes. Vous avez juste fait l'expérience agréable ou extatique d'une absence de doute et de manque. Et lorsque la sensation de manque est absente, une certaine plénitude est présente.

Mais lorsque l'expérience agréable survient, il est extrêmement tentant de la désigner comme étant le Soi, ou l'expression toute particulière du Soi. Or, rien ne peut être exprimé en dehors du Soi. Le Soi ne préfère aucune expérience particulière. Toute expérience, quelle que soit sa nature, agréable ou désagréable, est une manifestation au sein du Soi et en tant que le Soi.  La Conscience inconditionnée n'a ni forme, ni attribut, ni caractéristique particulière. Toute forme, attribut ou caractéristique apparaît au sein de cette Conscience Inconditionnée que nous pouvons réaliser. 

Pour des raisons pédagogiques, et pour défiger l'attention des formes et des phénomènes, il peut être intéressant de comparer l'Espace non duel du Soi, à l'espace physique qui est simple condition et possibilité pour toute la manifestation, sans préférence pour les formes qui se manifestent en lui. Sauf bien évidemment que l'espace de Présence non Duelle que nous sommes, contrairement à l'espace physique, est un espace de conscience, conscient de lui-même et de ce qui apparaît et disparaît en Lui.

La véritable Réalisation dissout l'illusion d'être quelqu'un. L'Atemporelle Présence sans forme devient votre perspective sans point de vue. Elle ramène toujours - toutes chose étant égales par ailleurs - à une forme de simplicité, de sérénité et de minimalisme pour le corps-mental. Toute expérience est vue comme étant une modulation du Soi, de Vous-même en tant que cette Merveille. L'extrordinaire miracle du vivant se vit à partir d'un absolu mystère de chaque instant, à partir d'une absence-présence au cœur de l'ordinaire.

Belles éclosions à vous

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

jeudi 15 décembre 2016

Quand émerge un authentique "je ne sais pas" Je me révèle


Nous sommes tellement prompts à traduire en pensées, en concepts et en paroles l'expérience directe, que nous ne réalisons pas l'extraordinaire merveille en train de se produire d'instant en instant en amont des perceptions, à la source des pensées et des perceptions.

Nous sommes tellement conditionnés à fournir des réponses, expliquer, analyser, rationaliser, justifier ou condamner ce qui se présente, que nous passons à côté de l'indicible beauté du Silence de la Présence qui accueille tout ceci avec une bienveillance infinie.

Nous cherchons avec une telle frénésie d'efforts à maintenir ou à améliorer notre si précieuse représention de nous-mêmes, des autres et du monde, que nous oublions le miracle qui a lieu Ici et Maintenant.

Nous avons tellement peur de l'inconnu, du changement et de la mort de ce corps auquel nous sommes totalement identifiés, que nous cherchons sans cesse, par tous les moyens, de combler le moindre brin de mystère par des savoirs.

La prétention à savoir est ce qui colmate momentanément et en apparence les lézardes qui se présentent sans cesse au cœur de ce rêve que nous appelons la vie. 

Dés que le rêve commence à se fissurer en tant que rêve et à réveler sa nature illusoire, une énergie colossale d'attention est exigée pour maintenir à tout prix la croyance en un corps, en un mental et en un monde qui seraient réels. L'attention se fige en une sorte de colle sur certaines croyances, images mentales, mémoires, attitudes, automatismes corporels, conditionnements comportementaux en rapport avec l'environnement. La fixation de l'attention crée l'identité.  Je suis + ceci = identité. C'est l'énergie de croyance. La fixation de l'attention autour d'une pensée en fait une croyance, ce qui signifie que vous avez l'impression que la pensée est vraie. Mais dés qu'il y a fixation, il y a résistance au flux de la vie. Et, plus il y a résistance à la Vie - toutes choses étant égales par ailleurs - plus il y a ignorance, sentiment de séparation, souffrance, conflits et éventuellement douleur ou maladie.


La colle de l'attention qui se fige en une prétention à savoir, en une prétention à être ceci ou cela, en une prétention à être le masque de la personne, en une prétention à souffrir si tel évènement apparaît ou à se réjouir si tel autre survient, est la colle du sérieux. Le sérieux à propos des perceptions du corps, du mental et du monde s'accompagne de cette amère impression d'appropriation. Plus l'attitude est sérieuse plus vous avez le sentiment douloureux d'être l'auteur personnel des pensées et des actions. Vous vous sentez personnellement responsable des échecs et des réussites. Vous avez perdu l'intuition que tout ceci n'est que jeu, rêve, illusion, magie. Vous avez perdu le goût de l'étonnement, vous ne vous émerveillez plus. L'enfant est devenu adulte. Mais vous savez. La raison est sauve. 

À quel prix !  Car, avoir raison, c'est bien, mais finalement, ce n'est que "avoir raison". Cela n'a aucune saveur. C'est faux. Vous réalisez alors, tôt ou tard, que tout savoir n'est que prétention à savoir révélant en réalité un vide et une peur immenses. Et, la Bonne Nouvelle est que, si vous allez au bout de cette peur et de ce vide par l'investigation sur le Soi ou par le senti direct, vous réaliserez inexorablement la plénitude que vous êtes.

Que se passerait-il en effet si nous cessions, juste pour quelques instants, comme ça, par goût de l'aventure, pour voir, mûs par une simple curiosité ou par un élan d'une puissance indicible, de boucher les brèches apparaissant dans notre expérience présente et que nous acceptions de ne pas savoir, de ne pas répondre, de ne pas même étiqueter ?

Que se passe-t-il lorsque vous ne savez plus ce qui est juste ou faux, beau ou laid, intéressant ou inintéressant ?

Que se passe-t-il lorsque la flèche de notre attention, habituellement tendue vers les perceptions et les pensées, se résorbe soudain en sa Source ?

Cet arrêt soudain de toute prétention à savoir est paradoxalement le moment le plus auspicieux pour la reconnaissance de qui nous sommes vraiment. Ce court-circuit du mécanisme d'étiquetage est un moment de grâce où notre véritable nature de Présence consciente se révèle avec acuité et évidence.

Tant que nous prétendons savoir, rien n'est possible. Mais à partir du moment où la prétention est perçue, sentie, réalisée, sans intention de la défaire, l'humilité de la Vie en nous nous est révélée avec clarté. Il suffit d'un seul regard honnête pour défaire une vie de mensonges et de pis allers. Il suffit d'un vrai instant de présence, silencieux de commentaires, pour réaliser que la souffrance même n'est qu'une prétention. 

Il suffit de laisser la question "qui suis-je" résonner profondément en nous, sans prêter attention aux réponses mentales issues de la mémoire. 

Quand ? Maintenant par exemple. 

Où ? Ici. 

Quand j'arrête de prétendre savoir qui je suis, quand j'arrête d'enfermer "je suis" dans les "ceci" ou les "cela", l'évidence d'être éclot avec grâce. Ne demeure alors que Je suis. Je suis ce "Je suis" qui est.

Ce non savoir ne doit pas devenir u nouveau savoir. Le "je ne sais pas" authentique de chaque instant doit devenir votre expérience réelle qui infuse votre quotidien. Cet espace de non savoir est ce à partir de quoi vous abordez vos relations avec les autres et le monde, avec le corps et le mental. Ce non savoir doit complètement infuser le corps et pénétrer les muscles, les organes internes et même les celulles.

La question "qui suis-je" est une question épine ayant le pouvoir de faire éclater la bulle du rêve d'être quelqu'un de séparé. La question "qui suis-je" posée avec sincérité vous amène à rebours de votre prétention à savoir et de tous vos conditionnements pour révéler la Présence éveillée, source de toute la manifestation et toujours présente en chacun de nous.

Quand vous avez l'humilité de reconnaître que vous ne savez rien, Vous savez que cette humilité sans commentaires est ce Vous Impersonnel et Atemporel que Vous êtes vraiment, et c'est cela qu'il faut réaliser, avec une intensité et un abandon sans bornes.

Un jour un chercheur de vérité demanda à Ramana Maharshi : 
"Je ne sais rien, et je voudrais que vous me disiez quelque chose."
Maharshi a répondu : "Vous savez que vous ne savez rien. Découvrez ce qu'est cette connaissance. Cela est la Libération."

Quand Vous reconnaissez que le "petit je", l'apparence de la personne séparée, qui n'est rien de plus qu'une perception, ne sait rien, Cela en quoi cette reconnaissance est réalisée, se réalise comme étant le Connaisseur Ultime, le Savoir absolu. Et, Cela n'est autre que Vous. "Vous êtes Cela" comme le disent les Upanishads. 

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mercredi 14 décembre 2016

Réaliser ce qui demeure


Réaliser notre vraie nature n'a rien à voir avec le fait de devenir meilleur, accomplir quelque chose de nouveau ou changer le monde, mais au contraire trouver, reconnaître, réaliser que Je suis ce qui ne change pas.
Réaliser c'est trouver ce qui est Réel et le Réel est ce qui ne change pas.
La première étape est donc de séparer par un acte de discrimination consciente le transitoire du permanent.
En Inde on appelle cela le neti neti. Je ne suis ni ceci ni cela. Au bout de cette exploration appelée l'enquête sur le Soi, Je réalise que ne suis ni la pensée (le mental) ni la sensation (le corps), ni les perceptions auditives, visuelles, gustatives, olfactives (le monde), Je suis la Présence dans laquelle ces perceptions naissent et meurent. Car Je ne nais pas et Je ne ne meurs pas avec elles. Je demeure avant, pendant et après leur apparition.
Les pensées, les sensations et les perceptions finissent par se lever comme une brume, révélant soudain la beauté du paysage. Le paysage qui se révèle est la Présence omniprésente, omnipotente et omnisciente de ma vraie nature.
Quand vous percevez quelque chose, quoique cela soit, vous savez que ce n'est pas ce que vous êtes en essence mais Cela dont vous êtes conscient. 

Vous réalisez soudain : Je Suis Cela !

La Vérité est toujours du côté de ce qui ne change pas.

Lorsque notre nature réelle de Présence consciente nous est révélée, nous réalisons que ce que l'on appelle communément la Vie, c'est à dire les expériences, les perceptions, et donc le corps mental et le monde sont des projections de notre véritable nature.
La magie est irréelle. Le Magicien seul est réel.
Le rêve est transitoire. Le Rêveur seul est éternel.
Quoique nous rêvions nous demeurons le Même. Nous sommes la substance même du rêve.
L'expérience de ce que nous appelons moi change à chaque seconde. Nos pensées se modulent en une trame en apparence discontinue d'images, de mots et de mémoires à chaque instant. Le rêve de la Vie se réincarne à chaque nano-seconde.
Mais qu'est-ce qui demeure ?
Découvrez Cela en Vous-même ! Voilà la véritable question !

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Sentir le Désir


Le désir est une tension vers une chose, une idée, une expérience qui, si elle est atteinte semble avoir le pouvoir de nous accorder la Plénitude que nous cherchons.
Le désir est toujours une tension vers quelque chose d'autre que ce qui se présente maintenant et crée toujours une contraction dans le corps, même minime.
La croyance commune commande d'abord que cette contraction disparaitra définitivement lorsque le désir sera satisfait et le but atteint.
Mais en réalité un désir n'a jamais besoin d'être satisfait. Il a juste besoin d'être Senti.
Chaque fois que vous cessez de penser le désir et que vous le sentez pleinement, il vous révèle la Source dont il est issu pour que Vous puissiez à nouveau réaliser la Plénitude, la Paix et la Merveille que Vous êtes.
Sentir est l'expérience directe. Sentir est non duel.
Sentir, aimer ou expérimenter sont synonymes : c'est faire l'expérience de l'unité avec peu importe ce qui se présente.
Lorsqu'il y a ressenti, personne ne ressent. Vous ne pouvez pas à la fois penser et Sentir.
À un moment donné, il est possible de réaliser que toute expérience quelle qu'elle soit, agréable ou désagréable, est en elle-même Plénitude, lorsqu'elle est pleinement Sentie.
Sentir vous met immédiatement au diapason du Silence vibrant que vous êtes au cœur des voix - en apparence discordantes - de la musique du monde.
C'est la tentative de penser, d'objectiver, d'expliquer, de justifier ou de condamner l'expérience qui font naître le désir et le sentiment de séparation, la souffrance et les conflits.
Sentir le désir révèle l'Amour Inconditionnel que nous sommes.
Aimez tous les désirs comme vos propres enfants.

Amor Fati

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mardi 29 novembre 2016

Libre du désir d'être libre


La réalisation de notre véritable nature n'a rien à voir avec le fait d'être une personne parfaite. Notre véritable nature de Conscience, Témoin immuable de tous les univers, de la matière et de toutes les créatures, n'évolue jamais vers mieux ou un pire. La liberté réelle ne consiste nullement à avoir l'impression d'exercer un pouvoir personnel dans le monde et de se croire doté d'un libre arbitre, ni d'être capable de changer le monde vers un idéal.

La véritable liberté consiste au contraire à se reconnaître libre de toutes les images et les définitions que nous pourrions avoir de nous-mêmes, du monde ou des autres. Ce que nous sommes vraiment vraiment ne peut en aucune manière être conditionné par les élucubrations du mental ou les gesticulations du corps, fussent-elles très belles.

Ce que nous sommes est totalement libre des désirs et des peurs, du personnage, de la bienséance et de la morale commune. Ce que nous sommes est libre du bien et du mal, de la guerre et de la paix. Ce que nous sommes est libre même du désir d'être libre.

Le Bien Absolu consiste à reconnaître l'univers entier comme n'étant qu'un rêve parmi d'autres, une bulle de rêve qui enfle et éclate, au sein du Rêveur Unique que Je suis.

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Un chat est-il un chat ?


Dés que vous voulez le savoir pourquoi des choses, vous cesser d'écouter et de contempler le monde. Dés que vous croyez savoir, vous cessez de vous émerveiller. Dés que vous cherchez à traduire le ressenti de l'expérience directe dans un langage duel, et y croire, commence l'illusion de la recherche et un sentiment de manque vous étreint.
Il suffit d'un seul vrai regard sans personne pour réaliser que rien n'est jamais perdu. Tout désir désire en réalité être sans désir et toute perception désire juste être reconnue comme une modulation de la Présence silencieuse que vous êtes.
Arrêtez pendant dix secondes le film des pensées pour considérer et réaliser la beauté du non savoir.
Lorsque vous regardez le monde tel qu'il se présente, sans rien refuser, d'un regard équanime, sans références esthétiques, sans morale, sans notions de beauté ou de laideur, il devient plus lumineux, plus vibrant, plus intime, plus vivant.

Les choses, les formes, les objets, les couleurs, les fleurs, les étoiles, les grains de poussière sur les meubles, tout vous regarde, pointe vers l'Espace transparent et vacant au-dessus de vos épaules et vous révèle en tant que Présence consciente. 
Rien n'a changé. Les maisons sont toujours des maisons, les arbres des arbres et les gens des gens.
Un chat est un chat.
Et pourtant...


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L'Essence du Désir 


Pour sortir du cycle infernal des peurs et des désirs et émerger de l'impression d'être collé aux perceptions, nous sommes invités à interroger cela qui perçoit et écouter avec une extrême attention les mécanismes en œuvre.
Profondément, toute idée de préférence ou de volonté que quelque chose change dans le monde est toujours l'expression d'une nostalgie de ma vraie nature, une secrète aspiration à révéler la paix inconditionnelle du Témoin sans forme et sans âge, sans désir et sans peur que Je suis.
Lorsque l'on prend le temps d'étudier le mécanisme du désir, on réalise que la plénitude ressentie après "l'obtention de l'objet du désir" ne dure jamais et que sur un plan profond, il ne provient jamais de l'objet, soi disant désiré, mais de l'arrêt momentané de la recherche qui dissolvent la peur et la tension qui lui sont consubstantielles. La cessation momentanée de la tension et de la peur révèlent alors avec encore plus d'évidence la paix omniprésente de notre être. 

Tant que cela n'est pas profondément compris, nous demeurerons d'éternels Sisyphes, condamnés à remonter sans cesse nos rochers de désirs, vers des sommets illusoires, en passsant à côté de l'Amour que nous sommes. C'est ce que l'on appelle la condition humaine.
Quelle est donc l'Essence du désir qui semble repousser indéfinimment, telle la tête de l'Hydre de Lerne ?
Au départ, il n'y a qu'une tête. Car la Vie est Une. Mais chaque fois que le désir n'est pas reconnu pour ce qu'il est vraiment, il repousse comme la tête du monstre et se tend vers un nouvel objet de satisfaction. Et, ainsi de suite, ad libitum, ad vitam eternam. Sauf, si par miracle surgit au cœur de votre vie la question glaive, "d'où vient le désir ?" ou "quelle est l'essence du désir ?" capable à elle seule de trancher définitivemement la tête à sa racine.
Comme toujours, la réponse paradoxale pétrifie le mental et ouvre sur sur une évidence silencieuse.
Tout désir apparent d'une expérience particulière désire en réalité sa propre fin. Tout désir se languit d'être sans désir qui est ce "non-état" que l'on nomme également l'Amour Inconditionnel. Tout désir apparent d'une chose est l'expression d'un désir plus profond de se résorber en sa Source pour la révéler. Le désir est une des formes multiples que prend le Sans Forme pour se rappeler à Lui-même au cœur de l'apparente complexité du monde.
Quand la forme d'un désir est reconnu pour ce qu'elle est, c'est à dire Conscience sans forme, Je réalise que Je suis la Plénitude que je croyais trouver dans l'apparent objet du désir. L'apparent sentiment de manque révèle sa Plénitude. 
Lorsque ce mécanisme est vu pour ce qu'il est, il n'y a plus la croyance que notre seul désir, notre véritable désir de reconnaissance de l'Amour que nous sommes puisse être satisfait par une expérience, aussi belle ou satisfaisante soit-elle.
Les désirs qui demeurent sont alors d'une toute autre nature. Ils ne sont plus emplis de tensions vers et de peurs. Ils ne résonnent plus d'une nostalgie du paradis perdu. Ils ne sont plus l'expression d'un manque. Ils ne sont pas personnels. Peut-on encore les nommer désirs ?

Ce sont plutôt de simples résonances naturelles du jeu de la Vie entre certains corps mentaux, avec certains lieux, certaines sonorités, certaines odeurs, certaines formes, certaines expériences. Mais, il est désormais clair que ces apparents élans d'une abeille particulière vers une fleur particulière, du corps mental vers certaines expériences plutôt que d'autres sont reliés à la totalité de l'univers et que ces expériences et ces rencontres ne peuvent en aucun cas en eux-mêmes compléter ce que l'on est déjà. 

Cette réalisation amène une immense tranquillité et une infinie clarté.

Cela que je suis est toujours parfaitement plein et comblé maintenant. Il suffit de le constater.


Le Spectateur Impersonnel que Je suis 
est libre du spectacle



De même que vous pouvez réaliser à chaque instant que les couleurs et les formes sont toujours apparues dans un espace conscient, sans forme et sans âge au-dessus de vos épaules, dans un Espace incluant toute chose et toute expérience, sans préférence, de même, réalisez maintenant que les perceptions, c'est à dire le monde, le corps et le mental, ne peuvent jamais conditionner ou blesser le Témoin atemporel, ni emprisonner le Regard sasn personne que Vous êtes ...


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lundi 28 novembre 2016

 Méditation du jour : 
Boire à la source de l'Atemporelle Présence


Chercher à s'éveiller c'est encore se prendre pour un humain, un corps mental, un moi personnel, auteur des pensées et des actes, séparé des autres et du monde. C'est vivre dans la nostalgie de l'unité qui semble à jamais perdue. C'est se chercher dans l'idée du devenir. C'est souffrir d'une soif inextinguible.

S'éveiller à notre véritable nature de Présence silencieuse et consciente, ntraire c'est réaliser que dans l'instant, Je suis déjà plein à rabord de moi-même. C'est réaliser que l'Être que Je suis vraiment ne manque jamais de rien.

C'est tellement simple.

Devancez la recherche d'éveil en buvant l'eau de la Source Atemporelle !

Quand ? 

Maintenant ! 

Où ? 

Ici !

Que faire ? Rien à faire, rien à accomplir. Simplement, réaliser qu'en lisant ces lignes, quelque chose qui n'est pas une chose, une non chose à la source de votre être, est déjà présente et pleinement consciente de tout ce qui se déroule.

Avant même que la pensée "oui, c'est vrai, une sorte de Présence non définissable est tout le temps là" - ou n'importe quelle autre pensée d'ailleurs, ne surgisse - la Présence indéfinissable en était déjà consciente. Constate-le. Quoique vous pensiez, quelles que soient la pertinence ou la non pertinence de ce raisonnement-ci ou du votre en ce moment ou de n'importe quel autre raisonnement, Vous en tant que Présence devez absolument être là pour que les raisonnements puissent apparaître. C'est cela qui doit être remarqué et non la pertinence ou la non pertinence des propos.

Car Vous précédez inexorablement les pensées, c'est à dire le mental. Le mental qui désigne cette incessante dynamique de pensées et de mémoires, apparaît en ce Vous sans forme et sans âge, qui est déjà présent. 

Vous précédez également les sensations, c'est à dire le corps, car la Présence sans forme que Vous êtes doit nécessairement être présente pour que les sensations, quelles qu'elles soient, se manifestent.

Enfin, Vous en tant que Présence sans forme, précédez les perceptions, c'est à dire le monde. Sans l'arrière plan de Présence consciente que vous êtes, l'univers même ne pourrait pas apparaître.

Le constat de ce qui est Maintenant déjà est l'éveil. Constater est synonyme de Réaliser. Constater est sans commentaires, constater c'est voir d'un regard impersonnel.

Constatez maintenant que ce que vous croyez être, une personne avec un nom, une forme, une histoire, un corps, des inclinations, des projets, ne sont que des perceptions apparaissant et disparaissant dans la Conscience impersonnelle déjà présente. Ce que vous pensez être, quoique ce soit d'ailleurs, apparaît au même titre que ces lettres, ces mots, ces phrases dans un espace de Présence silencieuse.


Vous ne pouvez percevoir cette Présence, car c'est à partir d'Elle que tout est perçu. Vous ne pouvez la comprendre, car c'est en elle que tout mouvement de compréhension s'effectue. Vous ne pouvez l'atteindre car toute idée de distance et de séparation ne sont que des idées apparaissant disparaissant au sein de cette Présence sans nom et sans âge. 

Ne cherchez pas à vous découvrir comme on découvre une chose, ou à vous connaître comme on élabore un savoir objectif en accumulant des informations et en prenant une direction particulière. Les choses semblent toujours apparaître au-devant d'une personne qui les perçoit. Mais Vous, en tant que Témoin Atemporel et Impersonnel, Vous vous tenez en arrière du sujet et de l'objet. Toujours derrière, autour, dedans et dehors, partout et nulle part. Vous êtes l'Atemporelle Présence dans laquelle les pensées à propos du temps naissent et meurent.

Il y a une beauté incroyable à réaliser que le sujet que je croyais être ainsi que l'objet de perception sont tous deux embrassés par une Présence Une et mystérieuse. Vous croyez étreindre quelque chose et soudain il est réalisé qu'une Présence indicible, infinie, vous étreint, et... Que c'est Vous...

En lisant ces lignes, remarquez qu'il vous faut faire des efforts pour aller d'un ensemble de mots à un autre. Il vous faut également faire un subtil effort d'attention pour déplacer l'attention de la perception des mots que vous lisez à la perception des pensées interprétant ces phrases en temps réel. Or la Présence que Vous êtes était déjà présente, avant même ces subtils déplacements de l'attention. Réalisez que les déplacements de votre attention s'opèrent par de très légers efforts au sein d'une Présence qui en est déjà consciente, qui Elle est totalement sans effort. Réalisez que les commentaires qui s'opèrent à propos de ce que vous lisez maintenant apparaissent au sein d'une Présence qui, Elle est sans commentaires, pure acceptation de tout ce qui se déroule, incluant toute chose, toute pensée, toute forme.

Comment voir, ce qui précède ce qui est vu ? Ce n'est pas possible. Quand Vous réalisez cette impossibilité Vous voyez soudain à partir de la Toute Possibilité. 

C'est un pressentiment de la Présence qui commence à vous envahir. Une sorte de d'intime conviction qui perce au tréfonds de votre être. Vous vous sentez irrémédiablement être cette Présence. Je suis. Oui "Je suis". Simple sensation d'être vivant, présent, conscient. Vous ne portez plus d'intérêt sur la forme particulière que peut prendre Être, sur les atributs, sur les "je suis ceci" ou "je suis cela" mais sur le simple fait d'être. Je suis conscient que Je suis. Je suis conscient d'être conscient. Cela ne s'explique pas. Cela ne s'analyse pas. Cela ne se justifie pas. Cela se vit et se goûte. Maintenant. Ici. Devant cet écran d'ordinateur qui apparaît en Vous. Vous n'avez rien à faire ou à penser pour mériter de sentir que vous êtes conscient d'être conscient. Vous êtes la Présence Consciente de tout ceci. Et, en le réalisant, Vous réalisez que tout ce que vous percevez apparaît comme non séparé de Vous. Tout est Vous. Vous êtes Cela. Et Cela vous est donné dans l'instant. C'est cadeau.

Nous prétendons être séparés et avoir perdu la Plénitude que nous sommes pour le simple plaisir de la retrouver. Quand nous nous nous reconnaissons comme étant cette Plénitude, il est réalisé qu'elle avait toujours été là. Mais tant que nous prétendons avoir soif nous ne réalisons pas que nous sommes déjà en train de boire à la Source.

Gratitude. Belles éclosions à Vous.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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samedi 12 novembre 2016

L'amour inconditionnel
Et la relation d'amour au sein du couple


L'amour inconditionnel est la réalisation du Soi comme source de toute la manifestation. La reconnaissance de notre vraie nature non duelle est l'amour inconditionnel de toute créature, forme ou expérience, c'est l'amour inconditionnel pour ce qui est. Cet amour ne naît pas d'un sentiment ou d'une idée, même de l'idée que c'est bien et beau de tout aimer. C'est amour ne peut être produit pas aucun désir, ni aucune volonté. Il est ce que nous sommes, en amont des pensées et des perceptions. Cet amour inconditionnel naît de la reconnaissance que toute forme, créature ou expérience sont une simple modulation du Sans Forme que je suis. 

Pourtant, une des manifestations principales de notre sentiment de séparation est justement la demande d'amour et notre besoin de reconnaissance. Et cela s'exprime surtout dans notre prétendu besoin d'une relation amoureuse profonde et réciproque. Il semble en effet que la relation amoureuse puisse dissoudre notre sentiment de séparation et nous apporter l'amour et le bonheur. C'est en tout cas ce que la sociéte et ses milliers de fictions et de romans d'amour semble nous dire.

Il est vrai que quand le Prince ou la Princesse des contes semble enfin se transmuer en chair et en os et venir envoûter notre vie, le sentiment de manque disparaît complètemement et nous sommes instantanément ouverts à une dimension autre de l'amour pour le monde qui nous entoure. Lorsque le désir d'amour est satisfait par la rencontre avec un autre être, le désir et son corollaire, la peur, se dissolvent comme par magie. Le sentiment qui naît de la fin du désir est appelé amour. C'est une expérience magnifique bien sûr. Mais, il y a un petit hic !

L'autre, au premier abord, semble être la cause de cet amour. Mais en réalité c'est la cessation temporaire du désir qui est en réalité toujours une sorte de tension douloureuse, qui permet de révéler la paix et le bonheur du Soi omniprésent. Le mental par contre est berné. Il nous raconte avec moults preuves à l'appui que c'est l'autre personne qui est la cause de cette félicité soudaine. Puisque ces pensées sont en général crues, il s'ensuit un fort attachement à l'expérience amoureuse et plus particulièrement à celui ou celle qui semble en être la source. Le mental, féru d'histoires ne se lasse jamais de parler de cet amour et de justifier cet attachement que d'autres témoins extérieurs perçoivent comme parfois pathologique. De plus, il y a un deuxième hic, sinon ce ne serait pas drôle, ce sentiment d'amour ne dure pas en intensité. Nous sommes donc invités à réaliser que cet amour aussi merveilleux soit-il, ne peut répondre durablement au problème qu'occasionne la souffrance liée au sentiment de séparation. Mais cette invitation tombe souvent à plat. Le mental, qui a une propension à la justification qui confine au délire, nous expliquera que ce n'était simplement pas la bonne personne et se remettre très vite en quête d'une nouvelle personne plus sexy, plus jeune, plus mûre ou plus en résonnace tout simplement avec les besoins non assouvis du moment.


Même si le couple a le bonheur de renaître sans cesse de ses cendres, ce qui est déjà rare, et suscite un désir commun d'engagement, de marriage, de créativité, de famille et vit une vie relativement agréable et équilibrée, avec des jolis pics d'intensité, le sentiment d'incomplétude ne disparaît jamais définitivement. Ce sentiment d'incomplétude ne peut jamais être durablement satisafait par une expérience, aussi belle et intense soit-elle, sauf en apparence et sur une certaine durée. Toute expérience a inéluctablemement un début et une fin. Même la plus belle des expériences amoureuses. Et, cette impermanence, que nous savons tous dans notre for intérieur être la marque de toute expérience, nous conduit à craindre de la perdre. Très vite nous commençons donc à vivre dans la peur ainsi qu' avec la farouche volonté de défendre la relation à tout prix, ce qui peut naturellement engendrer une certaine forme violence.

Un esprit amoureux est tout sauf clair et le mental va forcément toujours essayer de se focaliser sur les qualités - supposés intrinsèques - de l'objet de notre amour, source d'expériences tellement extatiques. Par contre, le mental va royalement ignorer tous les signes permettant de penser raisonnablement que les besoins des deux personnes ne sont pas forcément raccords, que les corps mentaux ont des histoires peut-être trop divergeantes pour s'harmoniser au long cours et, - pour le dire en cent mots comme en un - que les névroses ne sont pas forcément compatibles.

C'est là que l'amour va commencer à être conditionné par une multitude de facteurs extérieurs. C'est là que les reproches et la demande d'amour vont émerger : "tu ne m'aimes pas assez ?", "tu ne me comprends pas", "tu manques d'écoute et d'empathie", "il faut que tu arrêtes d'être cynique", "que tu rentres moins tard", "que tu me laisses plus d'espace", "que tu perdes du poids",  "que l'on parte en vacances plus souvent chez mes parents"...

Or la demande d'amour prend toujours sa source dans l'ignorance de notre vraie nature.

En termes non duels, on pourrait dire que l'amour romantique d'une autre personne résulte d'un amour du Soi pour lui-même mais, se prétendant séparé et, prétendant donc aimer quelqu'un d'autre.  Alors que la pensée "je l'aime" est crue, il serait plus juste de dire "j'aime l'amour" ou "je suis amoureux de l'amour."


Un conflit au sein d'une relation amoureuse entre deux personnes ayant la croyance d'être des entités séparées est extrêmement difficile à résoudre sur un plan profond, car tous deux croient dur comme fer qu'ils ont chacun raison. Ils ne savent pas à ce niveau de conscience qu' "avoir raison", c'est seulement "avoir raison." Et, en général la résolution passe par des compromis qui sont autant de bombes à retardement. 

C'est seulement si deux êtres sont animés d'un intérêt plus grand pour la Vérité que pour l'autre en tant que personne séparée, qu'une relation authentique et durable est possible. 

En d'autres termes, c'est seulement la dimension de l'amour inconditionnel qui peut transformer une relation amoureuse en une relation saine et profonde, en harmonie avec l'environnement.

Car c'est seulement alors qu'une remise en question radicale - toujours inévitable - et qu'un lâcher prise des impulsions égotiques et des demandes de toutes sortes peuvent survenir, en faveur de la Vérité Une et Impersonnelle.

Plus vous aimez d'un amour véritable, plus vous désirez comprendre la nature de cela que vous aimez. Et de ce désir naît nécessairement les questionnements profonds : "qui suis-je en essence? ", "qu'est ce que la nature de l'amour ?", "quel est le sens de tout ceci",  "qui est l'autre en essence" ?.
C'est seulement lorsque ce questionnement est mené à son terme que nous comprenons intimement que Conscience est tout ce qui est, qu'il n'y a que l'Amour. Le couple devient alors le lieu d'une transfiguration de l'amour personnel en amour inconditionnel, en amour divin. Mais le Dieu que vous aimez n'est plus séparé de vous, c'est Vous en tant que Conscience. Ce n'est nullement que vous êtes soudain transformé en Conscience. Vous réalisez simplement que votre nature véritable a toujours été Cela. Vous réalisez alors que la croyance en un Dieu transcendant et séparé de l'Homme, ne vient que de la croyance que la création doit avoir une cause.

N'est-ce pas paradoxal qu'une des religions très duelles, le Christiannisme, voue une dévotion à un homme qui a proclamé : "Le Royaume est en vous" et "Le Père et moi sont Un."

Lorsque votre investigation directe vous amène à reconnaître que le visage et le corps de l'autre n'apparaissent pas à deux petits yeux, ni à une tête ou à une personne mais émerge dans une vacuité consciente, sans couleur et sans forme, sans âge, sans désirs et sans peurs, pleinement accueillant, inclusif, non duel, alors vous réalisez que vous n'avez jamais été face à face dans la relation avec l'autre, mais bien  : face à espace. 

Vous réalisez que, dans l'expérience directe où tous les mots sont caduques, entre l'espace transparent qui perçoit et le visage perçu, il n'y a en réalité jamais eu de séparation.

Là vous pouvez, non pas faire l'amour mais être l'amour.

N'est-ce pas cette évidence de la non séparation qui fait dire au Christ souffrant sur sa croix :

"Père pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

Ainsi, si vous avez réalisé votre vraie nature - le couple étant sans doute le lieu de la grande Saddhana - là, où l'établissement dans la Conscience Inconditionnée est constamment mise à l'épreuve, lorsque votre partenaire fait la bête et pique une grosse colère, sort de ses gonds, vous trahit, vous ment ou s'adresse en vous en des termes peu reluisants et accusateurs, vous pourrez faire l'ange et dire :

"Il ou elle ne sait pas ce qu'il (elle) est". 

Et si c'est vous qui faites la bête* et l'autre l'ange, vous reconnaîtrez (dans le meilleur des mondes bien sûr) :

" Père je ne sais pas qui je suis."

Et tant qu'il y a encore des sentiments de séparation et des réactions en relation avec des conditionnements personnels, c'est qu'il y a une invitation à voir et à sentir pour approfondir l'amour. C'est qu'il y a une invitation à ressentir les fantômes du passé surgissant de leur boîte de Pandore maintenant, une invitation à se reconnaître dans l'ombre des pensées et les angles morts des émotions retenues, une invitation à vivre la relation avec encore plus de conscience.

Belle investigation et belles éclosions à vous


* Pascal disait : "Qui fait l'ange fait la bête"

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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jeudi 10 novembre 2016

Le lot de consolation des chercheurs de Vérité


Que celui qui ne comprend pas ce discours ne s'en afflige pas dans son cœur. Tout le temps que l'homme n'est pas semblable à cette vérité, il ne peut pas comprendre ce discours, car c'est une vérité sans voile qui est venue directement du cœur de Dieu.


Maître Eckhart
Le principal empêchement de l'éveil :
Les émotions refusées


La plupart d'entre vous qui lisez ces lignes avez probablement déjà vu des dizaines de vidéos, pratiqué l'investigation du soi, médité des centaines d'heures, lu des livres sur la non dualité. Vous êtes peut-être un(e) habitué(e) des rencontres non duelles depuis de nombreuses années et vous sentez que vous avez déjà une meilleure compréhension de votre vraie nature, que votre vie s'articule d'une façon plus légère et qu'en tout cas des progrès ont d'une certaine manière été accomplis.

Il est vrai qu'il peut sembler paradoxal de parler de réalisation de notre vraie nature sur un plan progressif, puisque tous les enseignements disent clairement que vous êtes déjà ce que vous cherchez et qu'il n'y a par conséquent rien à attendre ou à atteindre ailleurs ou plus tard qu'Ici et Maintenant. 

Pourtant, même si sur un plan relatif, nous avons tous eu ce sentiment d'avoir progressé, d'être plus présent, d'être beaucup plus proche de l'éveil qu'avant, la plupart d'entre nous avons également été confronté à ce sentiment pénible d'avoir atteint une sorte de limite très frustrante. Nous avons peut-être déjà eu ce sentiment que tout semblait avoir été plus ou moins compris et d'avoir parfaitemement intégré l'enseignement de la non dualité. Nous avons connus des moments de paix et de bonheur relatifs sur des durées inégales. Nous sommes même parfois capables de dire à l'avance la réponse que tel ou tel enseignant va donner à une question posée. (Plusieurs amis m'ont partagé cette impression).

Et pourtant...

Loin de la promesse d'émerveillement et de félicité des débuts, loin de la joie inconditionée et de la paix profonde dont parlent certains écrits ou enseignants, nous sommes saturés de mots, de concepts et de savoirs. Certains d'entre nous sommes devenus blasés, prisonniers d'une sorte de sentiment d'aquoibonisme qui confine à une sorte de dépression subtile. L'indifférence et la désillusion ont pris la place de l'immense espoir engendré par la rencontre avec les premiers écrits et les premiers satsang. L'ennui a pris le pas sur l'émerveillement qui avait embrasé de la recherche ? Il se peut même qu'une forme de colère commence à émerger. L'ironie, l'auto-ironie, le sarcasme et le cynisme font désormais partie de la palette de certains. J'ai récemment été confronté à ce type de réactions ou d'attitude en rencontre ou sur facebook au cours de dialogues écrits. Et cela me touche bien sûr. 


Que s'est il passé ? Pourquoi cette incapacité à nous étonner ? Qu'est-ce qui nous retient ? Nous le comprenons mentalement et nous sommes peut-être capables de l'expliquer en des termes qui feraient blêmir les meilleurs pédagogues non duels. Nous avons déjà permis à certaines émotions de faire surface au cours de notre vie, au cours de diverses thérapies divers beaucoup de choses ont été vues, et assimilées, et pourtant, quelque chose bloque encore et, quelque part nous nous sentons piégés, incapables d'aller de l'avant mais impuissants également à revenir en arrière. Nous nous sentons irrémédiablement coincés.

Dans mon expérience d'accompagné et d'accompagnant, tout blocage et tout sentiment d'insatisfaction, tout signe d'aquoibonisme, de "prétention à savoir", toute démonstration de cynisme ou d'agressivité, sont tous des pointeurs vers une même évidence : Nous n'avons pas encore permis à toutes les émotions d'être pleinement écoutées et ressenties. C'est aussi simple que cela. Il s'agit d'admettre qu'il y a encore en nous quelque chose qui n'a pas été pleinement exploré. Il y a quelque chose que nous refusons de voir, d'admettre en nous, de ressentir pleinement. Et ce refus de laisser toutes les émotions se manifester, court-circuite irrémédiablement toute investigation sur le Soi.

Après vingt ans d'accompagnement des êtres en souffrance et des émotions enfouies, je n'ai jamais vu une seule personne - jouant le jeu avec sincérité - ne pas connaître cette étonnante éclosion de la plénitude au cœur même du sentiment de manque, lorsque ce dernier était pleinement écouté au travers d'un jeu de révélation. 
Après voir été accompagne des centaines de fois et vécu en tant qu'accompagnant plusieurs milliers d'accompagnements, je puis affirmer sans exagérer, que le refus, la peur de faire face à des émotions sont certainement la cause principale du blocage que la plupart des gens ressentent sur leur chemin d'éveil à ce qu'ils sont déjà.


Dans ma propre expérience d'accompagné et d'accompagnant, il y a dans les premiers temps de l'investigation du Soi, de la thérapie ou du cheminement spirituel, des émotions de base qui remontent. Ce sont souvent des émotions liées à des croyances de base telles que par exemple "je ne suis pas digne d'être aimé", ou "je ne suis pas quelqu'un de bien", que beaucoup d'entre nous connaissions avant même de commencer notre investigation. Mais au fur et à mesure que l'investigation continue, des couches d'émotions de plus en plus profondes se révèlent.

Beaucoup d'entre elles ne peuvent pas forcément être expliquées ou être reliées à une croyance particulière. Vous pouvez vous sentir déprimé, opprimé, blasé, en colère, terrorisé, en panique, jaloux, honteux et il n'y a pas forcément de raisons particulières à ces expressions. Vous ne pouvez pas vraiment les relier à votre enfance ou à des expériences de votre vie d'adulte. Et, vous pressentez que même tenter de trouver une explication ou des liens comme on le fait en thérapie psychanalitique ou psychologique ne résoudrait rien. Ce sont simplement des émotions brutes qui remontent des profondeurs à la faveur des expériences de la vie et de l'auto-investigation en cours et, qui ne demandent qu'à être pleinement ressenties, écoutées.

Et c'est à ce moment-là que la plupart des êtres reculent. C'est trop. C'est bien sûr ok. Il n'y a aucun problème avec le fait de ne pas aller plus loin. Peut-être tout simplement que vous n'êtes pas prêts à ressentir certaines de ces émotions qui risquent évidemment de faire écrouler les derniers châteaux de cartes du mental. Quand vous serez prêts, cela se passera naturellement et vous rencontrerez éventuellment sur votre chemin des êtres susceptibles, si nécessaire (et cela peut l'être) de vous accompagner dans les angles morts et les zones d'ombre de vos émotions et de vos croyances transparents les plus enfouies.

Néanmoins, il me semble important de le remarquer, afin que nous ne nous racontions pas d'histoires inutiles et chronophages à ce propos. Amor Fati. Amour de ce qui est. 


 Car c'est à ce moment là que l'investigation du Soi entre dans un cercle vicieux. Et, la seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de faire face à la peur. Tactilement, vibratoirement, sensoriellement. De ressentir plutôt que de penser la vie et les émotions. Or, ce n'est pas du tout évident de le faire tout seul quoi qu'on entende de-ci de-là. J'ai été accompagné pendant une quinzaine d'années par mon ostéopathe éveilleur à Aix en Provence, et je propose ce même accompagnement depuis 1998. Peu d'êtres sont prêts à une telle exploration directe dans le ressenti silence d'une écoute sans personne.

Le discours logique de l'advaita est un magnifque pointeur masi qui paradoxalement a pour certains un air rassurant et simple et qui attire beaucoup de gens ces dernières années. Mais une des raisons, je pense, pour lesquelles il attire autant de gens - et qu'il en laisse d'ailleurs beaucoup sur le carreau, devant une barrière qui leur semble infranchissable - c'est qu'il demeure pour la plupart très conceptuel. La plupart des gens éduqués et curieux entendent et comprennent le message. Un bon nombre l'applique jusqu'à un certain niveau de difficulté. Mais très rares sont ceux qui sont capables de faire face, seuls, à la terreur sourde qui peut émerger de profondeurs du corps lorsque celui-ci est écouté, senti, touché, sans aucune intentionnalité. Il n'y a aucun jugement. Un simple constat de 20 ans de pratique de l'accompagnement psycho-corporel et 4 ans de pratique de l'entretien non duel.

Je ne dis pas ici que chacun doit nécessairement passer par une sorte de nuit obscure de l'âme avec des émotions terrifiantes. L'ampleur et l'intensité des émotions variera selon chacun. Ne vous comparez à personne. Je dis juste que, lorsque l'on accepte de se rendre vulnérable et lever le couvercle, il y a beaucoup plus de choses cachés en nous que nous voulions bien l'admettre en premier lieu. C'est ainsi. Et je le constate à chaque rencontre, chaque retraite. Et, en ce cas, jouer au jeu des joutes intellectuelles de bon aloi, comme par exemple rétorquer "qui ressent l'émotion", "il n'y a personne qui ressent", bref, s'empêtrer dans discussions non-duelles à la "mords-moi le nœud" et d'infinies prétentions à savoir, dans le seul but d'éviter de faire face à ce qui en vous vous fait signe depuis si longtemps ne vous sera bien évidemment d'aucune utilité et ne fera que retarder l'échéance.
Nous sommes là pour reconnaître la vie que nous sommes et cela se passe inéluctablement par le ressenti de ce à quoi nous résistons. 


Soyez juste conscients que si vous êtes attirés par la non dualité et la spiritualité authentique, si vous avez le pressentiment que vous êtes déjà ce que vous cherchez, et que pourtant, vous ne le vivez pas pleinement, acceptez que c'est peut-être que vous n'avez pas encore laissé toutes les émotions remonter à la surface. Le piège principal est effet de croire que l'on pourrait tricher avec elles et parvenir à la réalisation du Soi (que vous êtes certes déjà), mais en tout cas s'établir pleinement dans cette Présence silencieuse en relation avec les autres et le monde, tout en évitant de sentir certaines choses. 

La voie directe nous enseigne certes que nous pouvons réaliser notre vraie nature Ici et Maintenant, par une compréhension qui n'est pas seulmeent conceptuelle de ce que nous ne sommes et qui invite à une sorte de saut intuitif permettant de se reconnaître Conscience unitive. Et c'est vrai.

Cepandant, vu la constitution d'un être humain occidental moyen du 21eme siècle et son lot imprssionent de conditionnements à tous les niveaux, d'histoires et de fictions, le nombre de concepts et d'images de soi et de la vie accumulées dans le mental et le corps, si vous ne passez pas par le resssenti des émotions, toute quête authentque de réalisation de soi est statistiquement vouée à l'échec d'avance pour la plupart. 

Si vous refusez de passer par là, ouvrez-vous au moins à la possibilité que ce soit peut-être une résistance et explorez-là avec les outils ou les accompagnants à votre disposition. Réifier la Conscience ou le Témoin, pour se détacher artificiellement des émotions dans une sorte de posture héroïque est vraiment le piège principal et, j'en sais quelque chose. Je ne parle que depuis ma propre expérience. Une grande partie des gens qui viennent me voir en séance individuelle ont une grande affinité avec la non dualité, et semblent avoir déjà compris et asimilé le discours mais se sont trouvés d'une façon ou d'une autre piégés par cette prétention à savoir qui ne résout en rien le ressenti. Et nous sommes nombreux à être tombés dasn ce piège. Le reconnaître c'est reconnaître que vous n'êtes pas ce piège. Ici l'honnêteté est le seul ingrédient important. Et, lorque je dis honnêteté, je ne parle pas d'une honnêteté morale (Mais l'un n'exclut bien sûr pas l'autre). Je veux parler de l'honnêteté qui consiste à reconnaître lorsque nous sommes tendus et que nous souffrons. Être malhonnête, pour moi c'est lorsque quelqu'un vous pose la question "que ressentez-vous", et que cela déclenche une spéculation intellectuelle à propos de ce que vous "devriez ressentir" plutôt que de le ressentir tout simplement, sans commentaires.  


La compréhension et le ressenti silence sont les deux faces d'une même réalité. Et je ne conçois pas un "enseignement" qui ne soit pas ouvert sur ces deux aspects de la réalité Une et indivisible. 

La plupart du temps les enseignements de non dualité mettent surtout l'accent sur la compréhension. 
C'est pour cela que j'ai naturellement tant d'affinités avec le "travail" (The Work) de Byron Katie, et l'approche non duelle Eric Baret, son yoga et ses textes magnifiques et tous ceux qui accordent une part importante au ressenti et à l'expérience directe dans leur enseignement ou accompagnement. C'est pour cela que je donne une si grande place aux jeux de révélation basées sur le ressenti lors des rencontres, des retraites et bien sûr des entretiens individuels et, qui permettent d'accueillir pleinement les émotions.

De toute façon que vous en soyez conscient ou non, que ce message résonne ou non, nous seront tous tôt ou tard confrontés aux émotions qui n'auront pas été pleinement écoutées.

Belles éclosions à tous

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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