Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 20 mai 2016

Jeu de Réactions-Réponses 
Suite à mon article précédent publiédans un groupe consacré à Krishnamurti sur Facebook



Suite à une série de réactions d'une personne par rapport à l'article précedent intitulé "Du sentiment d'appropriation à l'expérience directe sans personne ou comment passer concrètement du personnel à l'impersonnel" et, extrait d'une investigation directe lors d'un Satsang, je me suis amusé à répondre. C'est chronophage me direz-vous, mais comme je vous l'ai dit, je me suis amusé et lorsqu'on s'amuse comme un enfant, le temps n'existe pas. Lorsque j'étais enfant, comme beaucoup d'entre vous, lorsque vous étiez pleinement absorbé dans un jeu, vous perdiez toute notion du temps. On ne voulait même plus manger et rentrer pour le dîner était un calvaire. Mon père avait le don de m'énerver en disant cette phrase à laquelle j'ai résisté toute mon enfance et une grande partie de ma vie d'adulte : "Il faut arrêter le jeu pendant qu'il est encore amusant". Mon père, je le reconnais aujourd'hui avait peut-être plus de sagesse que moi à son âge. Bref, au cas où ces réponses pourraient être d'un intérêt quelconque, je les ai retranscrites. Cela permet de rendre un hommage à ce maître posthume qui m'a tant appris : Krishnamurti. Mais egalement de faire des liens entre des pédagogies en apparence différentes mais en réalité très proches. Cela permet aussi d'évoquer sa pédagogie du changement brusque d'attention (passage d'une attention personnelle à une observation neutre) qui manipule subtilement le manipulateur qu'est le mental. Je vais me faire incendier par les puristes en herbe qui sont fascinés par le doigt qui pointe sans réaliser ce vers quoi il pointe ! C'est pas toujours évident de pointer vers le ressenti silence. 


Réaction : Est-ce une méthode pour ne plus accorder d'importance à notre ressenti ? Il est faux ou sans intérêt parce qu'il est personnel c'est ça ? Écoute je suis une femme battu par son mari. Que ressens tu ? Ça fait mal. 15 sec passe. Ce n'est qu'un mal parmi tant d'autres. Ouf je me sens mieux. Est-ce un moyen de s'anesthésier de l'énorme cruauté et difficulté à vivre dans le monde ? La personne va finir par ne plus accorder d'importance à ce qu'elle ressent. Elle apprend à faire un clivage de la réalité pour se façonner une réalité à l'image qu'elle veut.


Réponse : La femme est battue pas son mari. Soit. C'est malheureux. C'est traumatisant. C'est extrêmement difficile, sans doute à vivre. Mais enfin c'est. Cela fait partie de la vie. il y a des gens qui se font humilier, battre, torturer ou égorger. Une femme s'est fait battre, une amie disons, elle vient me voir. Je l'écoute. Je l'écoute vraiment. Sans être figée sur l'idée que c'est affreux, que c'est insupportable, que "la pauvre ne s'en sortira jamais". Quelque chose qui n'est pas quelque chose écoute. Dans cette écoute, libre de tout jugement et de toute projection inutile, quelque chose peut naître, quelque chose de vrai peut surgir, quelque chose d'inconnu, d'étonnant, de profondément bénéfique. Je peux la prendre dans mes bras, l'amener au commissariat ou à l'hôpital, téléphoner ou aller voir le mari. Je ne sais pas encore. C'est la situation qui va le dire. Il n'y a pas de projection. Juste pure écoute et on laisse faire ce qui monte. Si elle croit savoir qu'elle est malheureuse, qu'elle est la victime, elle s'enferme dans un masque qui ne lui permet nullement d'écouter vraiment. Conforter la personne en lui rappellant combien c'est douloureux d'être une victime ne ferait que fixer encore plus son attention sur cette image d'elle-même. Ce serait justement de la "non assistance à personne en danger". Ce serait renforcer chez elle la fausse impression qu'elle est une personne. Cela ne signifie nullement que sur un plan légal elle n'est pas victime et qu'il n'y a pas lieu de faire condamner le mari. Mais sur un plan profond, dés que l'on prétend savoir, on n'écoute pas. On croit savoir, on pense, on juge, on interprète, mais finalement, on reste dans le connu, dans la mémoire et donc dans le passé. C'est cela qui est violent et faussement anesthésiant. Tant que l'on croit que c'est une personne séparée qui fait l'expérience, que c'est un moi personnel qui a reçu les coups, on reste dans la sempiternelle ritournelle de la dualité et du conditionnement. 
Ce n'est pas vrai. La personne est une simple activité imaginaire, mêm pas une entité et l'imaginaire ne reçoit jamais des coups. Juste en imaginaire. En réalité aucune expérience n'est jamais faite par quelqu'un. Il n'y a pas quelqu'un qui écoute, voit, ressent, hume, goûte. Il y a écoute impersonnelle, puis au sein de l'écoute impersonnelle se surimpose à postériori l'idée que c'est moi qui écoute, et selon que ce moi aime ou non ACDC ou non, il va péter un plomb ou se mettre à jouer de l'air guitar à se rouler par terre... L'idée que "c'est moi qui voit le clavier" ne voit rien en elle-même. Une idée ni n'entend, ni ne voit ni ne ressent. L'idée est une consctruction imaginaire et conceptuelle très intéressante pour pouvoir parler et partager des idées, mais qui ne sert à rien pour percevoir un son, même un riff de guitare électrique... Ainsi, ce jeu de révélation auquel je convie, permet à cette femme de faire une discrimination entre le transitoire (ce qui est perçu cad la douleur physique, psychologique, les émotions et les perceptions, les pensées, les jugements) et l'éternel c.a.d. la Présence éveillée, l'écoute impersonnelle, le témoin conscient (cela peut avoir toutes sortes de nom)... Ce jeu de révélation permet de constater ce qui est perçu sans appropriation. Réaliser cela dans sa vie est un des plus grands cadeaux au monde. et vous voudriez priver les gens de ce cadeau ? 

Pourquoi trouver anesthésiant le fait de faire l'expérience pure sans appropriation. C'est ainsi que l'expérience est faite en réalité. C'est nous qui avons dessapris l'essentiel. Nous avons appris à surimposer des jugements, des concepts, des filtrages sur tout ce que nous percevons. Mais nous ne nous en rendons même plus compte. Alors ce petit jeu n'anesthésie rien, il nous remet au contraire bien dans l'axe du ressenti silence où, en réalité, nous n'avons jamasi cessé d'être, sauf en imaginaire. Là, un grand calme se manifeste. Pourquoi ? Pas par une induction hypnotique ou quelque tour de magie d'apprenti sorcier, ni par le biais d'une méditation ou d'une technique permettant d'édulcorer la réalité. Non, simplement par une observation à partir de ce que nous sommes déjà. Pas en rajoutant quelque chose, pas en imaginant quelque chose. Juste en étant honnête avec ce qui se vit. Ce qui se vit se vit déjà à chaque instant que nous en soyons conscient ou non.. Si c'est une douleur, c'est une douleur. Si vous rajoutez la croyance que "ceci est ma douleur", vous rajoutez de la tension sur la douleur. Essayez ! Si vous voyez la douleur comme une douleur, même pas mais comme une sensation, une simple apparition ou une simple perception, ce qui est juste, sans le fatras psychologique, la douleur est éventuellement moins forte dans le sens où vous ne lui surimoposez pas une personne imaginaire prétendant que "cette douleur n'aurait pas dû arriver" et que "cette violence n'aurait pas dû être", et que "c'est injuste" et que "ça n'arrive qu'à moi", etc... Cela revient exactement à l'invitation de "K", écouter, ou observer sans observateur... Et il n'y a pas plus guérisseur, plus profondément empathique et aussi fonctionnel et efficace dans la vie au quotidien et au cœur du chaos du monde que ce regard désencombré des conditionnements de la personne; Il n'y a pas non plus de regard plus profitable à l'environnement et au monde que ce regard impersonnel. Nos caractéristiques personelles, c'est à dire l'expression de notre vie d'humain au cœur du monde, n'expriment leur véritable beauté que lorsqu'elles fleurissent de cette réalisation impersonnelle. Quittons le vu pour voir vraiment... ;-)



Réaction 2 : Bien que la personne peut jouer au bien être, la réalité en elle est tout autre. Elle ne sera jamais en paix. Elle apprend à se mentir.


Réponse : Il ne s'agit pas de ça mais tout le contraire. C'est assez impressionnant comme vous parvenez à détourner le sens de cette invitation. Tant que vous vous croyez être l'auteur du regard ou du ressenti, qui n'est pas personnel, vous surajoutez de la souffrance psychologique, c'est à dire de la résistance à ce qui est; et, cette tension est celle justement celle du regard avec un point de vue personnel.  Krishnamurti ("K") était passé maître dans l'invitation à l'observation impersonnelle. Il savait amener au désencombrement du regard par une très subtile invitation à un changement d'attention brusque avec tous ces interlocuteurs. Il passait d'un échange autour d'un deuil ou d'une peur particuière à l'invitation à l'écoute impersonnelle d'un chant d'oiseau, d'un échange autour d'un drame personnel à l'observation neutre d'un paysage etc... Toute son œuvre est traversée par cette pédagogie du changement de l'attention, d'une attention personnelle à l'attention impersonnelle, de l'observation au travers de nos conditionnements au regard sans personne. Il a d'ailleurs écrit à quelques reprises, que le secret résidait dans la capacité de changeemnt d'attention. Car, ce qui se passe alors chez l'interlocuteur ou chez le lecteur, c'est que, imperceptiblement, cela éveille en lui cette attention sans choix, ce regard sans personne, cette présence éveillée, en amont de toute pensée, de toute pensée et de toute peur. Ensuite, lorsque le sens personnel du point de vue s'émoussait et que les conditionnements se dissolvaient chez son interlocuteur, "K" revenait en douceur vers le sujet de départ qui pouvait alors être accueilli au sein de la Présence impersonnelle toujours déjà présente mais rarement remarquée. Alors, le deuil, le drame, la colère, le manque, la jalousie étaient observés et ressentis sans point de vue particulier, sans désir et sans peur. Et, cette intimité invitait à une intimité au-delà des mots. Les petits jeux de révélation auquel cet article invite sont du même ordre. Évidemment si l'invitation à ressentir suscite, non pas une expérience silencieuse et vivante où tous les mots sont caduques, mais une compulsion intellectuelle à imaginer ce que l'on devrait ressentir, ou mieux, à imaginer le danger qu'il y aurait à ressentir, bref si l'invitation à ressentir suscite une compulsion à penser le ressenti plutôt qu' à ressentir la pensée, alors il n'y a qu'à jeter l'éponge. Et tout est respectable. Il y a un vieux dicton chinois, ne le prenez surtout pas personnellement, mais il dit que : "Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt"... Ce que nous sommes vraiment embrasse le sage, la lune et le doigt et tous les autres...

Réaction 3 : C'est peut être moi qui ne comprends pas mais je trouve cette attitude suspecte.

Réponse : Il n'y a rien à comprendre, il y a à d'abord à ressentir. Après, la compréhension devient amour. Mais seulement si vous ressentez vraiment c'est à dire sans commentaires. Vous êtes invité à ressentir la pensée plutôt que de penser le ressenti.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.




Du sentiment d'appropriation à l'expérience directe sans personne ou comment passer concrètement 
du personnel à l'impersonnel


Investigation directe (extrait de Satsang)

Q : ... La vie est vraiment une source de souffrance perpétuelles...

R : Stop ! Arrêtons nous là-dessus et explorons ! Ressens "ceci est ma vision de la vie" ! (20 secondes passent)... Puis maintenant : "Cela est une vision de la vie." (20 secondes passent). Y a-t-il une différence entre ces deux perspectives pour toi, dans ton ressenti ?

Q : Dans la première je ressens de la tristesse et du désespoir, c'est très tendu, j'ai la nausée. Dans la deuxième c'est neutre... Enfin l'expérience de la vie en général n'est pas très drôle !

R : Stop ! Explorons pour voir la nature de cela qui fait l'expérience. Ressens : "Ceci est mon expérience" (la vie n'est pas très drôle). Ressens cela sans commentaires. (20 secondes passent).
Puis ressens maintenant la perspective : "Ceci est une expérience" (la vie n'est pas très drôle). (20 secondes passent). Alors ?

Q : Alors oui, effectivement. Grande différence. C'est comme si j'étais scotchée à cet état de victime dans le point de vue où "c'est mon expérience".

R : Et...

Q : Et lorsque je ressens ceci est une expérience de victime, ça se détend incroyablement... Mais là, à nouveau, il y a de la colère. De la colère contre cet état de victime.

R : Ok. Il y a de la colère. Ressens : "Ceci est ma colère".... (15 secondes passent)... puis maintenant : "Cela est une colère". (20 secondes passent). Alors ?

Q : Quand je le regarde depuis cela est une colère, ça se détend. Je me dis que ça va passer.

R : Ok. Reviens à "ceci est ma colère" et ressent sans commentaires cette pespective. (15 secondes passent). Puis ressens "cela est une colère". (15 secondes passent).

Q : En fait ça ne me touche plus. La colère est partie.


R : Est-ce que tu commences à comprendre. Pas intellectuellement. Mais avec ton ventre, ton cœur, tes tripes ? Qu'est-ce qui change entre les deux points de vue ? Vois ce qu'un simple pronom personnel avec tout ce que ça charrie de personnel justement sucite dans le corps-mental en tant que tensions, souffrances, contractions ! Vois comment le corps réagit. Pourquoi le corps se rebelle-t-il autant dans la première proposition, la pespective duelle et habituelle, "ceci est mon expérience" ? Tout simplement parce qu'elle n'est pas vraie. Le corps te dit quand tu te mens à toi-même. C'est notre outil le plus direct, il est avec nous 24h/24h, 7j/7j. Il sufiit juste de l'écouter et de le ressentir sans commentaires. Dés qu'il y a une tension corporelle, c'est qu'il y a quelque chose qui n'est pas écouté. C'est que nous sommes barrés dans l'histoire, dans la pensée, dans les "il faut" et les "je dois" ou dans les "si seulement".

Q : Mais comment ne pas vivre à partir du personnel ? Je suis aussi une personne ?

R : Tu apparaîs comme personne pour les autres et pour toi dans le miroir ou dans les albums photos, ou dans l'imaginaire. Le langage et la société te disent que tu es une personne, un corps-mental, une entité séparée des autres et du monde. Et tu as besoin de savoir comment tu apparais pour les autres pour fonctionner en société. Mais de ton point de vue intime, du point de vue de la Première personne, la personne qui apparait le matin ou le soir dans le miroir est une troisième personne, c'est ton apparence. La personne apparaît et disparaît au sein de cet espace vacant et conscient au-dessus de tes épaules.

La question est plutôt : Comment vivre à partir du personnel ? C'est cela qui est difficile. Lorsque tu sais qui tu es vraiment, c'est difficille de faire du rétropédalage et imaginer à nouveau être quelqu'un. Quand tu as tiré sur la barbe du Père Noël c'est dur d'y croire encore. Surtout, si tu as reconu ton grand-père. Tu peux faire semblant d'y croire pour avoir encore plus de cadeaux et par compassion pour tes parents qui sont tellemnt attachés à toute cette mise en scène rocambolesque. Vois que c'est d'imaginer d'être quelqu'un qui est difficile, exténuant. C'est faire comme si qui est épuisant. C'est se prendre pour le masque qui est déplaisant.

Les masques dont tu as besoin vont apparaître lorsque vtu en auras besoin mais ce ne sont pas tes masques, ce sont des masques. Si la vie en a besoin elle te permettra de les endosser. Mais il n'y a rien de personnel là-dedans.


Q : Mais c'est quand même mon espace, non ?

R: Oui et non. Tout dépend ce que tu mets derrière ce mon. Est-ce que cet espace a une nationalité ? est-il danois, français ou thailandais ? A-t-il un sexe, est il masculin, féminin, transgenre ? Est-il pauvre ou riche, noir, blanc ou jaune ? Est-il fâché, joyeux, déconnant ? Est-il humain, animal, végétal, minéral ? Est-ce que cet espace a un nom ? S'il fallait lui donner un nom ce serait peut-être "je suis". Et encore...

L'appropriation est source de douleurs, de conflits, de mensonge, de confusion, et surtout d'un immense gaspillage d'énergie.

Ressens "Ceci est mon espace impersonnel". (20 secondes passent). Puis ressens : "Cela est un espace impersonnel".

Q : Oui en effet, la première expérience est encore un peu contractée alors que la seconde est lumineuse, spacieuse. C'est incroyable.

R : Donc tu sais. Quelque chose sait déjà en toi. Et, ce quelque chose qui est d'une intelligence hallucinante n'est pas quelque chose.  Tu apprends à ton corps-mental à vivre sans cette croyance d'être une personne, sans tout ce désir d'appropriation.

La vie continue, mais sans personne pour la vivre. Les sons sont entendus mais personne ne les entend. Les pensées se déploient mais il n'y a personne qui les pense. Les couleurs sont perçues par un espace vacant au-dessus de tes épaules. Le mouvement se déroule au sein de ton atemporelle immobilité. Le temps se déroule en toi qui es le Non Temps, l'atemporel Maintenant. La vie se vit tellement mieux sans l'image trublionne d'un centre de contrôle.


Ceci est mon mental, cela est un mental. ceci est mon corps, cela est un corps. "Ceci et mon" passé, avenir, présent, réve, désir, souffrance, peur, plaisir, famille, temps, espace, vérité, éveil, perception, douleur, espérience, situation, univesr, monde, travail... ""Cela est un"... etcetera...
Explore, joue, ressens.

Q : Merci. Je sens vraiment que c'est une clé. Ce que tu dis, je viens de le vivre. Grâce à ce jeu de révélation, je ressens vraiment ce qu'avant je ne faisais que pressentir. Merci.

R : Merci à toi. Continue juste à te mettre en jeu quand le corps te le diras. Il n'y a rien à perdre, rien à gagner. La vie est un jeu. Il n'y a rien de plus beau que de partager ce que nous sommes déjà, nous réaccorder à l'impersonnel. C'est l'impersonnel qui va ensuite accorder peu à peu le personnel. Peu à peu, tu vas pouvoir vivre le quotidien à partir de l'espace impersonnel. On n'est pas en train de créer quelque chose en plus, on est en train d'ôter quelque chose de trop. Et encore, on n'ôte rien. On réalise simplement qu'il en a toujours été ainsi. On regarde ce qui est. Toute expérience apparaît toujours dans cet espace de conscience impersonnelle. C'est juste la peur, le langage, l'habitude, une sorte d'hypnose qui nous a entretenu dans un imaginaire personnel. Cela alourdit inutilement chaque perception. L'idée de la personne peut apparaître en nous si nous en avons besoin. Mais l'espace dans lequel elle apparaît ne s'en trouve ni troublé, ni satisfait. L'amour est impersonnel.

Q: Comment tu le sais ?

L'amour c'est ne rien demander. Et rien ne manque à ce que nous sommes vraiment vraiment. Ici, lorsque le mental n'a plus rien à défendre, aucune direction où aller, tu sais que tu es Cela, et cette simple conscience d'être conscient ne manque de rien et ne demande jamais rien. C'est le lieu sans lieu du Royaume en nous, où la seule prière est que ta volonté soit faite.


Satsang (extrait)
Question :
"Cela fait plus de 20 ans que je suis sur un chemin spirituel et après bien des galères et des belles rencontres, il me semble que j'ai dépassé quelque chose. Il me semble que j'ai enfin trouvé une sorte de paix et de joie. Il y a une impression de grande sécurité que je n'avais jamais connue avant. Suis-je à la fin du chemin ?"
Réponse : On peut parfois avoir l'impression qu'après un long et passionnant chemin spirituel fait de défis et de pièges que l'on commence enfin à goûter à sa part du gâteau. La vie est pleine de bonnes surprises, une nouvelle détente est présente dans le corps et les pensées négatives et oppressantes ne montrent même plus le bout de leur nez. Vous avez trouvé une activité qui semble vous combler ou une relation amoureuse intense et stable vous fait dire que vous touchez enfin au bonheur.
Mais ce ne sont que les expériences qui ont changé et qui temporairement semblent vous donner un répit et vous emplir d'une paix nouvelle. Ce sont des fadaises. Des foutaises.

L'espace de Présence consciente dans lequel tout cela apparaît, Lui, n'a pas changé. C'est cela qui doit être remarqué. Si vous oubliez l'essentiel et prêtez à nouveau uniquement attention aux formes contenues par la Conscience et non la Conscience elle-même, vous retombez dans les mêmes pièges qu'avant. Rien n'a été vraiment compris.
Ce que vous appelez votre sécurité n'est qu'illusion et insécurité. Tout ce que vous avez ne vous appartient pas et est déjà en train de vous quitter.
Tout ce que vous gagnez un jour vous le perdez le jour d'après. C'est inévitable. Il n'y a rien de vrai dans le transitoire. Le fait de dépendre de quelque chose, une situation, une expérience pour éprouver une sorte de paix est super anxiogène. Au fond de vous, vous savez très bien que tout ça peut s'écrouler d'un instant à l'autre.

Il n'y a rien de plus dissonant que de se réjouir de sa réussite et de sa paix intérieure ou de sa situation financière ou de n'importe quoi d'ailleurs. Reconnaissez la peur et la tension que cette auto-satisfaction génère ! Regardez bien. Ressentez comme en deçà des premières couches de contentement, quelque chose gronde et veut se faire entendre. Il faut vraiment ressentir cela. Ressentez silencieusement combien le fait de se réjouir sonne faux. Au moment même où vous vous réjouissez de quelque chose, il y a comme une tension corporelle, comme un goût d'amertume, quelque chose de faux. Si on écoute bien, on le sent dans le plexus, dans la gorge, dans le ventre, dans le menton, dans la langue, dans les avant-bras, dans les cuisses. Tout le corps est imprégné de cette peur de lâcher cette histoire que "tout va bien Madame la Marquise."

Le contentement est tout le contraire de la joie véritable. La joie de ne rien être, de n'avoir aucune image à défendre, aucune croyance à vendre. C'est une joie sans cause et sans but.
Dés que des pensées agréables semblent vous rassurer quant à la pérennité de votre bonheur, d'autres pensées viendront inévitablement vous faire peur.
Le véritable bonheur ne dépend de rien. C'est ce que vous êtes. Le simple bonheur d'être conscient, le bonheur d'être conscient d'être conscient ne paye pas de mine. La pensée vous dira : "conscient d'être conscient et alors ! Qu'est ce que ça va m'apporter ?" . Pourquoi ça ? Parce que la pensée n'est pas vivante. Elle n'est qu'une pâle traduction en mots et en concepts de la vie. La pensée ne ressent rien.

Mais si vous vous détendez tout simplement dans cette Présence déjà là, avant les pensées et goûtez cette joie d'être avec votre cœur, vous comprenez que le vrai bonheur ne dépend d'aucune expérience, d'aucun état du corps ou du mental. Le vrai bonheur est ce que vous êtes. Et cela se révèle lorsque vous vous rendez compte de ce que vous n'êtes pas. Ce bonheur simple d'être se réalise lorsque vous arrêtez de prétendre avoir ou être quoique ce soit.


Réalisation et établissement dans la Présence


La réalisation est soudaine.
L'établissement dans la Présence est progressive.
La réalisation n'a pas besoin de temps, de pensées, de concepts.
Mais, pour que cette réalisation descende dans le cœur, imprègne progressivement tous nos conditionnements corporels et nos modes perceptifs, pour que cette vision sans point de vue personnel se vive au cœur de la brûlure du quotidien, au cœur du chaos monde, dans nos relations avec les autres et l'environnement, le temps semble nécessaire.
Mais, une fois que vous savez qui vous êtes, il suffit d'accueillir toutes les dissonances et les sentiments de séparation - lorsqu'ils surgissent - au sein de cette Présence éveillée que vous êtes pour remarquer qu'ils se déploient librement et finissent inexorablement par se dissoudre en Vous.
Si vous demeurez silencieux, tranquilles, passifs, et observez ce déploiement émotionnel ou imaginaire avec une attention sans choix, vous réalisez que cette dissolution révèle avec encore plus d'évidence la Présence éveillée que vous êtes. Tôt ou tard vous réalisez que tout ce qui semble vous limiter, vous contraindre, vous raconter des histoires, que toute situation où expérience, même la plus ardue ou la plus révoltante en apparence, n'est qu'une étonnante expression de vous-même, comme les différentes formes de vagues de l'océan sont des expressions particulières de l'Océan Lui-même.
En pratiquant ce yoga que l'on pourrait appeler du "sentiment de manque à la plénitude", la plénitude que vous êtes va se révéler partout. Dans toutes les encoignures, même les recoins les plus sombres, les plus inattendus, les moins inspirants, les plus révoltants, vous tomberez amoureux encore et encore de l'inévitable Un.
À partir du moment où vous avez l'intime conviction d'être cette Présence éveillée sans forme et sans âge, la recherche est terminée.
C'est autre chose qui commence alors : une douce exploration amoureuse, de la vie dans toutes ses dimensions. C'est un temps sans âge, où tout ce qui semble séparé de vous ne révèle que l'unicité mystérieuse et indicible de la vie. Et vous êtes ce mystère indicible.


ÉVEIL PAS ÉVEIL


Éveil pas éveil, finalement, ce ne sont que des concepts. Ce que je suis n'est ni éveillé ni pas éveillé. Cela qui est conscient de tout ces concepts n'est pas lui-même un concept ou une perception. C'est au-delà de tous les concepts, de tous les mots.
Ce sont souvent des mots qu'on utilise pour se donner une contenance, jouer un nouveau rôle de plus, rajouter un masque de plus à notre belle collection.
En fait non : on a brûlé sur le bûcher des vanités tous nos anciens masques sans voir qu'on était en train d'en endosser un nouveau. Beaucoup plus insidieux, car plus subtil et presque transparent : le masque de l'éveillé. Le plus vaniteux de tous car le plus dissimulateur et le plus accaparateur d'énergie.
Le masque le plus douloureux aussi à porter car à l'apoastre de la vacuité consciente et impersonnelle que nous sommes. La personne éveillée est la caricature extrême de la prétention et de l'auto-illusionnement.

jeudi 19 mai 2016

Rencontre avec Dan

Samedi 21 Mai à 19h30 à Paris 75019




Satsang pour la joie de reconnaître et partager notre nature éveillée déjà présente.

Exploration directe de la nature de la réalité : Mise en lumière de nos fausses croyances et de notre impression de séparation au travers de jeux de révélation, expériences de la Vision Sans Tête de Douglas Harding et investigation de la nature de la réalité par des  méditations guidées et une investigation directe basée sur un jeu de questions-réponses.



Pour de plus amples informations :

Blog : eclore-en-conscience.blogspot.fr

Inscription (libre participation) Tél : 06 63 76 90 81