Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 19 octobre 2016


Est-ce cela qu'on appelle l'Éveil ?


Le paradoxe du chercheur spirituel est qu'il va chercher la compagnie d'un enseignant pour trouver auprès de lui une sorte de validation de ce qu'il est alors, qu'in fine, cette reconnaissance ne peut venir que de Lui-même.

Poonja, connu comme Papaji, fut un pointeur non duel de l'Inde contemporaine (mort en 1997), qui eut une grande influence sur l'enseignement de l'Advaita dans le monde puisque un certain nombre d'enseignants importants (Gangaji, Isaac Shapiro, Mooji, Ganga Mira entre autres) encore vivants ont été ses disciples à Luknow.  Poonja raconta que, jusqu'à ce qu'il rencontrât Ramana Maharshi en 1944, il n'avait croisé que des "buisnessman en tenues de cérémonie."

Un jour, alors qu'il décrivit cette expérience d'expansion de conscience qui lui arrivait assez souvent, il demanda à Ramana Maharshi si c'était cela qu'on appelait l'éveil, la réalisation du Soi. 
Ramana lui demanda alors : "Est-ce que c'est présent maintenant ?"
"Non pas en ce moment", répondit Poonja.
"Alors ce n'est pas ce que tu cherches" lui dit Ramana. 

Si j'évoque cette anecdote, c'est que de façon récurrente dans les rencontres non duelles, on entend ces histoires de personnes témoignant de leur merveilleuse expérience d'illumination, leur sentiment d'avoir été fondu dans le tout avec une grâce indicible, leur expérience extatique de la Présence Pure, pour après se lamenter de ne pouvoir la retrouver. On entend souvent j' "étais dans la Présence mais je n'y suis plus". "Il y a 10 ans j'ai eu pendant trois semaines une expérience d'éveil." 


C'est évidemment une façon de se rassurer pour le chercheur spirituel qui ne trompe personne. "C'est donc que je ne suis sur la bonne voie ?", "c'est que je touche au but ?, "c'est que ce chemin de souffrance a une fin ?".


Pas plus tard que Dimanche dernier, lors de la dernière rencontre chez moi, de nombreuses expériences de cet ordre furent rapportées. 





Toutes les vraies traditions spirituelles nous décrivent l'Absolu comme omniprésent et c'est ainsi que cela se vit ici et maintenant. 

Dans l'évangile de Thomas il est dit :

"Je suis la lumière des lumières, je suis le Tout.
Le Tout a émane de Moi et le Tout est revenu à Moi.
Fendez une bûche et je suis là;
Soulevez une pierre et vous me trouverez là."

Ainsi, le Soi que vous cherchez doit être la substance de tout ce que vous voyez, entendez, sentez, pensez maintenant, ainsi que vous en tant que le Témoin.

C'est pour cela que pour l'être qui a réalisé sa vraie nature de Présence éveillé, n'est pas un état spécial, ni une expérience, même extraordinaire, car toute expérience a un début et une fin. La Présence éveillée, comme son nom l'indique, est tout le temps éveillée. Aucune expérience, quelle qu'elle soit, ne pourrait donc en aucun cas être séparée de l'Omniprésente Réalité.

Il faut donc que vous abandonniez tout espoir d'atteindre le Soi plus tard ou ailleurs qu'Ici et Maintenant. Vous ne pouvez ni vous approcher, ni vous éloigner de ce que vous êtes déjà.

La réalisation de notre vraie nature c'est simplement reconnaître que rien n'a jamais été séparé de l'Atemporelle Présence éveillée que vous êtes. Que toute forme est une expression du Sans Forme que Vous êtes Ici et Maintenant.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


 Expérience directe et appropriation



Dans l'expérience directe il n'y a personne qui voit. Il y a vision. Les exercices de la vision sans tête nous le montrent chaque fois avec une simplicité désarçonnante. Et pointant le doigt vers ce qui en nous regarde, nous découvrons dans un étonnement toujours renouvellé que, contrairement à ce que l'on imagine le monde des couleurs n'est pas perçu par deux petits yeux et une tête, mais apparaît dans un espace transparent, sans forme et sans âge, une vacuité consciente au-dessus de vos épaules.

Que vous en soyez conscient ou non les couleurs et les formes apparaissent toujours au sein de cet espace ouvert sans personne.

En ce moment même, ce texte qui est lu n'est pas perçu par deux petits yeux, une tête ou une personne. Il apparaît au sein d'un vaste espace conscient d'être conscient, sans couleurs et sans nom au-dessus de vos épaules. En pointant vers cet espace comme dans les exercices de la Vision Sans Tête de Douglas Harding, vous ne trouvez aucune forme, aucune mémoire, aucun savoir. Cet espace est un espace de non savoir, qui accueille tout ce qui apapraît en lui sans aucune préférence, dans une totale équanimité.
Cet espace, même s'il semble à juste titre très intime et relié à ce que vous êtes, est absolument impersonnel ! Il est simple présence sans choix, telle une caméra posée derrière la nuque, enregistrant totes les couleurs et les formes sans discrimination, de façon neutre, à cela près que cet espace peut à tout instant cesser de s'identifier à une personne avec des préférences et redevenir conscient de Lui-même en tant que simple espace de conscience.

Mais, à force d'utiliser un langage dualisant et de croire à des savoirs de seconde main plutôt que de vérifier dans l'expérience directe ce qui a réellement lieu, nous avons fini par croire qu'il y a une entité séparée, un moi, une personne qui voit, sent, entend, goûte, hume, pense et agit.

En réalité, la pensée "je vois" ne voit rien et la pensée "j'entends n'entend rien". De même que la pensée "je pense" ne pense rien. Toutes ces pensées ne sont que des interprétations postérieures de l'expérience nue, divisant l'expérience directe entre un sujet qui perçoit et un objet qui est perçu.


Cette identification au corps mental est évidemment nécessaire dans le processus de manifestaion de la Conscience et très commode pour communiquer mais cela ne correspond absolument pas à l'expérience directe. Cela accrédite l'idée erronnée que le corps mental est cela qui est conscient de l'expérience. Or dans l'investigation directe, il devient très vite évident que le corps mental est lui même un ensemble de perceptions.

Il est facile de constater que le corps apparaît sous forme d'un ensemble de sensations et de perceptions qui vont et viennent mais que cela qui en est conscient n'est pas constitué de sensations. Il est facile de constater également que les pensées vont et viennent mais que celal qui en est cosncient ne va pas et ne vient pas avec elles. Le corps mental est dans mon expérience directe un ensemble de perceptions. Le corps mental est cela dont j'ai conscience, pas ce que je suis de façon exclusive. Le corps mental apparaît en moi.

L'identification au corps mental et son corollaire, l'appropriation de l'expérience a toujours lieu après l'expérience directe. La croyance "ceci est mon expérience" n'apparaît qu'après l'expérience. Il faut vraiment débusquer ce mécanisme. Il s'agit de le voir dal vivo et non pas l'analyser intellectuellement.


Dés que c'est vu, vous réalisez que Vous en tant que Témoin de toute expérience n'êtes pas impliqué dans le jeu des perceptions, dans le jeu des apparences, dans le jeu de la manifestation. Dés lors, vous ne vous prenez plus pour un acteur indépendant au sein du film. Vous réalisez que vous êtes le Témoin impersonnel du film. Vous réalisez que vous êtes la Conscience consciente du film, vous êtes l'écran sur lequel les images, les personnages, et tout le scénario avec son lot de situations diverses et variées apparaît et disparaît.

Ce Témoin est sans forme et sans âge. Il est présent et conscient. Et c'est ce que Vous êtes réellement.
La personne qui est transitoire apparaît et disparaît au sein de ce Témoin sans forme.

Cette Présence témoin de la manifestation n'a ni forme ni nom. Elle ne peut ni être blessée, ni souffrir d'aucun manque. Elle est sans désir et sans peur. Elle est inconditionnellement ouverte à tout ce qui en elle apparaît, et c'est pour cela qu'on pourrait dire qu'elle est amour. 


De cette découverte résulte l'évidence que vous n'avez nul besoin de guérirquoi que ce soit, de changer ou de vous affranchir des expériences qui n'existent que dans votre imaginaire. Vous devez juste zoomer en arrière du regard, à la source du regard avant que la personne avec son fatras d'interprétations et de traductions se manifeste. C'est au cœur de votre être, si proche de vous-même que vous ne pouvez le voir, car vous l'êtes. 

Vivez à partir de l'évidence d'être cette Présence témoin sans forme et sans âge de toute expérience. Ce n'est pas comme si vous jouiez un rôle, comme si vous deviez faire un effort pour le devenir. Vous lêtes déjà. Reconnaissez-le simplement et arrêtez de vous prendre pour moins que cette merveille. Vous ne faites que revendiquer enfin votre véritable identité, celle que vous n'avez jamais cessé d'être.

Lorsque l'appropriation des expériences par une entité illusoire nommé moi cesse, le corps mental commence de nouveau à fonctionner de façon fonctionnelle, efficace, sereine, harmonieuse. Il y a une immense détente dans le fait d'arrêter de nourir une entité inexistante. Vous redevenez vivant, vous vous sentez traversé, aimé, habité, vécu.

Dans cette reconnexion consciente avec votre véritable nature, soyez certain que le corps mental éclora avec encore plus de beauté et d'harmonie dans le monde, toutes choses étant égales par ailleurs.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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mardi 18 octobre 2016

Fata Morgana*


Ce que nous cherchons est si délicat, si intime, et en même temps si mystérieusement transparent que, dés que nous faisons le moindre mouvement volontaire pour le saisir ou le comprendre défintivement, dés que nous faisons le moindre pas pour aller en sa direction, nous nous en éloignons inexorablement.
En pensant pouvoir l'attraper là-bas, nous le voilons Ici.
Ce que nous cherchons nous échappe fatalement, comme le rivage d'un amour idéal et imaginaire, comme le mirage d'une oasis inespérée dans le désert, susceptible de mettre fin à nos soifs inextinguibles.
Lorsque nous semblons pouvoir l'embrasser enfin, il se dissipe pour réapparaître un peu plus loin, à peine plus loin d'ailleurs, juste assez pour que sa poursuite demeure plausible et, ainsi de suite, maintenir la quête d'une étoile inaccessible, d'un horizon à jamais insaisissable afin que le jeu puisse continuer ad libitum, ad vitam eternam.
La Fée Morgane se forme et se déforme dans la brume enveloppante de nos pensées d'alizés et d'écume.
Nous aimons par dessus tout oublier qui nous sommes pour jouer au jeu du bâton et de la carotte, et nous prendre pour un âne en chemin, mû par la peur et le désir .
Le logiciel du mental, n'ayant pas reçu de mise à jour depuis sa programmation par la prophétie autoréalisatrice du docteur Coué, veut passer en force. Il nous enjoint d'espérer encore et encore et de continuer à penser la vie, plutôt que de la vivre, la traduire plutôt que de la ressentir. 
Mal informé, non upgradé, il donne à croire que la solution se trouve dans l'accumulation des savoirs et la juste reconfiguation de la mémoire. "La preuve, dit-il : comme une asymptote, je m'approche de plus en plus de ma droite, de ma plénitude, de ma fée, de la paix et du bonheur,"
                                                                pour réaliser soudain,
                                                                                                                    qu'il ne l'atteindra jamais....
C'est alors seulement que le mental, comprenant sa propre limite, fait hara kiri en s'abandonnant à la plénitude infinie dont il est issu tout en semblant la révéler.
Vive les feés et les Fata Morgana qui d'abord nous trompent si joliment pour mieux nous désabuser, puis nous éclairer sur les faits et la nature irréelle des fées, en levant le voile de l'illusion sur l'Amour que nous sommes et dont elles sont la plus jolie des expressions.



Une Fata Morgana est un phénomène optique qui résulte d'une combinaison de mirages (perturbations des rayons lumineux au passage à travers un gradient thermique dans l'atmosphère).
Les Fata Morgana sont assez rares mais ont lieu plus couramment dans certaines régions, notamment dans le golfe de Botnie, dans la mer Baltique, dans la baie de la Table (Le Cap, Afrique du Sud) et dans les régions polaires, mais aussi dans le détroit de Messine.
C'est au Moyen Âge que ce phénomène a été rapporté pour la première fois, par des croisés qui, naviguant dans la mer Méditerranée, affirmaient avoir aperçu de fantastiques châteaux se refléter dans la brume près du détroit de Messine (entre l'Italie et la Sicile). 
Et ce n'est pas un hasard la Sicile (😂). J'ai moi même été le Témoin émerveillé d'un de ces phénomènes plus qu'être ange se déroulant en Sicile récemment; à Syracuse plus précisément. ❤️
Au Moyen Âge on attribua ce phénomène à la Fée Morgane (d'où le nom de Fata Morgana, « Fée Morgane » en italien, adopté par la suite), qui, d'après la légende arthurienne, avait le pouvoir d'élever des palais au-dessus des flots et d'agir sur le vent.
Heureusement tout s'explique. La raison est sauve. En effet, des conditions particulières sont nécessaires pour qu'une Fata Morgana soit perceptible : il faut que des couches d'air chaud et des couches d'air froid se superposent, entraînant une succession de mirages supérieurs et de mirages inférieurs. Les images qui parviennent à l'œil de l'observateur sont ainsi amplifiées et déformées de manière spectaculaire, et celui-ci peut alors apercevoir des objets illusoires, objets ou paysages situés sur l'horizon, voire plus loin.
Et vous, voyez-vous les fées, euh les faits, tels qu'ils sont vraiment ?

samedi 15 octobre 2016

Un Christ Non Duel
"Avant qu'Abraham ne fût, Je suis"


Ce que l'on retient en général de l'enseignement du Christ c'est essentiellement son étonnant message d'amour. Le commandement d'amour (Marc 12) "Aime ton prochain comme toi même" - qu'on retrouve aussi dans la Torah - l'invitation à la miséricorde et au pardon, le refus de la spirale de la violence et de la vengeance issue de la morale du code d'Hammourabi ("œil pour œil, dent pour dent"), expression de la morale tribale, encore en vigueur dans les tribus pachtounes d'Afghanistan dans de nombreuses zones dites civilisées de la planète et même chez un nombre croissant d'européens.


De ce fait la parole du Christ au travers de la religion chrétienne, sous ses aspects les meilleurs, est devenue une sorte de Bhakti-Yoga, qui est un terme sanscrit qui désigne l'ensemble des pratiques spirituelles tournées vers la dévotion de la divinité dans l'hindouisme. Les pratiquants du Bhakti-Yoga cherchent à entrer en contact avec l'être suprême ou une divinité, au travers de prières ou d'un mode de vie particulier. C'est une belle voie et, lorsqu'elle est accomplie avec un abandon total à la Volonté divine - qui pourrait se formuler en termes non duels par un abandon total ce qui est - alors, c'est un véritablement chemin de réalisation de l'Ultime. Car qu'y a-t-il de plus grand que de s'abandonner totalement à ce qui est ?

Cet aspect du Christiannisme concerne plutôt ce qu'on pourrait nommer la voie de l'amour ou de la foi. Et, pratiquée avec sincérité elle fait émerger une Humilité sans personne de humble. Le yoga de la dévotion est un merveilleux yoga. C'est néanmoins l'aspect extérieur de l'enseignement. Car lorsqu'elle est mal comprise, comme c'est très souvent le cas, cette identification avec la divinité génère les plus grandes perversions, souffrances et conflits dans le monde. En effet, sans la réalisation que ce que chacun d'entre nous sommes à la base, c'est à dire Conscience sans forme, cette Unité entre le Père et Moi, prend des allures pathologiques. Cette méconnaisance de notre vraie nature associée à la pratique devient alors la porte ouverte aux idées les plus saugrenues et génératrices des plus grandes violences qui reviennent à croire que Dieu peut avoir des préférences et, pourquoi pas une préférence pour moi, en tant que corps mental, pour ma famille, mon clan, ma patrie, voire mon "peuple élu". Ainsi la voie du Bhakti Yoga peut paradoxalement renforcer l'idée d'être une personne séparée.

Mais cet amour du prochain que proclame le Christ - avec encore plus d'insistance peut-être qu'aucun autre prophète - vient de l'amour du Soi. Il vient de la reconnaissance intime et directe que Moi et le Père nous sommes Un (Jean 10). Il vient du fait que Jésus a découvert en lui l'éternel, le Christ, le Trésor de notre vraie nature de Conscience.

C'est parce que Je suis l'Amour que ce corps-mental-ci va se comporter avec l'autre corps-mental avec amour, car il a réalisé qu'ils sont tous deux issus de la même Conscience. Cette réalisation a donc pour corollaire l'intuition que toute chose et toute créature est une expression de cette Conscience impersonnelle, du Soi, notre véritable nature.

Ainsi l'enseignement du Christ s'apparente également à une sorte de Jnana Yoga, un Yoga de la Connaissance. Ce yoga énonce que l'Absolu est le soi véritable. Sa méthode principale est l'investigation du soi par le retour à la source de nos pensées jusqu'à la pensée du je. Le Jnana Yoga est recommandé aux aspirants plus "avancées" à cause de sa méthode directe, mais il est plus difficile d'accés que le Bhakti-Yoga.

L'enseignement du Christ ne propose certes pas une investigation comme c'est le cas dans les textes védantiques ou chez leurs maîtres comme Shankarasharya, ou plus près de nous Atmananda Krishna Menon, Ramana maharshi, ou Nisargadatta. Mais, son invitation est de voir directement que le royaume de Dieu est en nous. Son messsage principal est de réaliser Dieu en nous, que Dieu est à la fois transcendant et immanent, et en cela c'est un enseignement de la Gnose, un enseignement de Connaissance et de réalisation de notre nature de Conscience.


 Dans Logion 17 de l'Évangile de Thomas, Jésus dit :

"Je vous donnerais ce que l'œil n'a pas vu,
ce que l'oreille n'a pas entendu,
Ce que la main n'a pas touché,
Ce qui n'est pas encore monté au cœur de l'homme."

Cela ressemble comme deux gouttes d'eau à cette perle de la Kéna Upanishad* (Kéna signifie "ce par quoi") dont voici quelques extraits :

1.3 Ce n'est pas cela que la parole exprime mais ce par quoi la parole est exprimé, tel est le Brahman et non ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

1.4 Ce n'est pas ce que l'œil voit mais ce par quoi l'œil voir, tel est le Brahman et non ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

1.5 Ce n'est pas ce que l'oreille entend masi ce par quoi l'oreille entend, tel est le Brahman et non ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

1.6 Ce n'est pas ce que la pensée pense mais ce par quoi la pensée pense, tel est le Brahman et non ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

II.1 Si tu penses ;"Je connais bien Brahman maintenant", c'est que tu n'as compris que bien peu de la vraie nature de Brahman. Ce que tu connais de Sa forme, de même que cette forme que tu te figures à propos des divinités, est également bien peu. Tu dois donc poursuivre ton enquête sur la nature de Brahman.

II.2 Celui qui pense ne pas Le connaître, celui-ci Le connaît. Et celui qui pense Le connaître, celui-là ne Le connaît pas.

II. 3 Dés lors que Brahman est perçu comm ele Soi intérieur, reconnaissable à travers tous les états de conscience Il est connu réellement, et cette connaissance mène à l'immortalité. 


Ainsi, ce vers quoi le Christ pointe n'a ni forme, ni nom. Ce qu'il offre en partage ne peut être perçu, saisi ou compris. Il parle de Cela par quoi tout est connu mais qui ne peut Lui-même être connu.

Le Christ est porteur d'un message de non dualité.

Jésus annonce aussi que "le Royaume est en Vous." Il n'invite pas simplement à changer l'attention de place et à regarder dans une autre direction, une meilleure direction, un nouvel ailleurs. Il invite à une révolution à 180 degrés de la flèche de l'attention, pour remonter à la Source même du regard en nous et, aller au-delà de l'illusion d'être une personne, un corps mental séparé du monde et des autres.

Si Dieu est transcendant, il n'est pas séparé de l'homme, il est également immanent. C'est au cœur même de l'homme que Dieu réside. Tel est le message du Christ.

Enfin, il affirme également "qu'avant qu'Abraham ne fût, je suis."

Il partage ainsi l'évidence de la primauté de la Conscience sur les perceptions (le corps, la pensée et le monde).

Il affirme égalemnt la primauté de l'Atemporelle Présence que nous sommes sur l'imaginaire, la mémoire et le'histoire, la Primauté de la verticalité sur l'horizontalité, et de l'Absolu sur le relatif !

Le "je suis" étant toujours présent Maintenant, il est également uniquement réalisé Maintenant. Jésus ne nous invite pas à des pratiques progressives en vue d'une réalisation future, ni à élaborer une morale, ni surtout à fonder une église. L'urgence est pour chacun d'entre nous, de réaliser notre véritable nature, l'Amour que nous sommes, sans intercesseur. Il affirme en outre que nous ne manquons jamais de rien pour réaliser cela, que nous sommes toujours complets tels que nous sommes Maintenant.


Jésus parlait de "la Vérité qui dépassait tout entendement". On pourrait même dire la Vérité qui précède tout entendement.

La Vérité de Je suis précède les "je suis ceci ouje suis cela".  La Vérité de la Conscience consciente d'être consciente est avant toute compréhension. L'évidence du Je suis précède la parole, le concept et toute définition de moi-même .

Le Christ est véritablement porteur d'un message de non dualité.



Lorsque notre véritable nature se réalise, l'évidence non duelle des textes des évangiles saute au yeux du regard désencombré. Il y a une sorte de reconnaissance-évidence et le parfum des Upanishads, de la Bhagavad Gita, du Yoga Vasishta, du Tao, du Dzogshen, du tantrisme Shivaïte du Cashemire et bien d'autres traditions non duelles y affleure avec une grande clarté.

Je vous conseille à ce propos la lecture de l'Evangile de Thomas avec les excellents commentaires de Jean Yves Leloup.

La simplicité et l'universalité de l'invitation non duelle est juste de revenir à l'évidence d'être. 

Avant d'être Dan je suis. Avant d'être une personne je suis. Avant d'être un homme ou une femme je suis. Avant même d'être né je suis. C'est cela le sens de la parole de Jésus : "Avant qu'Abraham ne fût je suis."

C'est une autre façon de dire que tout apparaît dans la Conscience, que "je suis" est la première manifestation de la Conscience consciente d'être consciente et que rien ne peut exister en dehors de la Conscience.

Avant d'être ceci ou cela, Je dois être là.

Voyez qu'en ce moment même où les pensées en vous vont bon train pour comprendre ce qui vient d'être lu, quelque chose, qui n'est pas quelque chose est déjà là, présent pour en être conscient.

Quelque chose précède toujours ce qui se pense et ce qui se perçoit. Les pensées et les perceptions surgissent au sein de la Consciente qui en est consciente.

Il faut une extrême attention pour le réaliser.

Constatez que vous précédez toujours les perceptions. Et, comme le corps, le mental et le monde sont des perceptions, Vous, en tant que Conscience, Vous en tant que principe Absolu et Conscient, Vous précédez le corps, le mental et le monde.

Qu'est ce que cela qui est présent et conscient de ses mots qui sont lus maintenant ?

Il y a peut-être une compréhension mentale et intellectuelle dont vous êtes conscients. Mais, justement, qu'est ce que cela qui en est conscient et qui précède la perception et la compréhension ?

Une grande partie de l'enseignement d'un des plus grands Jnanis de l'Inde moderne, Sri Nisargadatta Maharaj, était basée sur cette invitation de consater que "je suis", la simple évidence d'être vivant et conscient qui ne dépend d'aucune pensée, ni d'aucune perception. Il invitait à rester le plus souvent conscient d'être conscient, de cette évidence d'être - formulée par la première pensée apparaissant dans la conscience d'un être humain - "Je suis". Puis, de se laisser happer par l'Absolu, ce Mystère Absolu en quoi Je suis apparaît et disparaît, qui est notre véritable "identité." Il disait que cela ne pouvait manquer de survenir puisque c'est ce que nous sommes et ce qui est.

Namaste

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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* Upanishad : Ce mot sanscrit vient de upa qui signifie proche de, ni qui signifie bas et shad être assis. Upanishad est donc le fait d'être assis et recevoir l'enseignement du Guru. Les Upanishad forment ce que l'on appelle le Vedanta, de Ved-anta, qui signifie la fin des Védas. Cela, d'abord parce qu'ils en constituent la partie finale, mais également parce qu'ils en sont l'enseignement ultime, le plus haut, pointant vers le silence de l'Être. Le thème principal des upanishad est la connaissanec ultime, c'est à dire la réalisation de notre véritable nature, l'identité du soi et du Soi, entre le Soi et l'univers ce qui fait émerger le fameux Tu es Cela de la Chandgogya upanishad, : Tu es le Sans Forme prenant toutes les formes, la Conscience se modulant dans une infinité d'expressions.

lundi 10 octobre 2016

 C'est par l'erreur qu'on apprend la Vérité


"L'erreur est commune à tous les hommes" disait Sophocle (495-406 av J-C), l'auteur d'Œdipe et d'Antigone, grand connaisseur s'il en est du genre humain. Et, si nous ne pouvons pas voir la vérité puisque c'est à partir d'elle que tout est vu, nous pouvons voir l'erreur. Et, l'erreur principale est bien sûr celle qui consiste à confondre l'illusion et la réalité. et qui nous fait prendre le corps mental pour une entité séparée et consciente, alors qu'elle n'est que perception.

Mais "si se tromper est humain, persister dans l'erreur est diabolique" écrivit St-Augustin plus de mille cinq cents ans plus tard dans les "Confessions".

La véritable erreur est peut-être celle dont on ne tire aucun enseignement ? Le grand mathématicien chercheur français, Henri Poincaré nous dira à juste titre que "c'est par l'erreur qu'on apprend à connaître la vérité". 

Une erreur vient en général d'un manque de perspective. En changeant de point de vue ou en élargissant la perspective - en zoomant en arrière en quelque sorte ou, en défocalisant le regard - on voit soudainement ce qu'on n'avait pas vu précédemment. La vérité n'est alors plus recouverte par de fausses croyances ou d'erreurs de perception. La Vérité est dé couverte. En effet, la vérité avait toujours été là. Elle attendait juste d'une attente sans attent, d'être dé couverte.

Et, si l'erreur n'était pas du côté de la chose perçue, mais se trouvait au contraire au cœur même de la perception ? Si notre principale erreur consistait juste à accepter, sans en vérifier la véracité, ce que la société et le langage valident aveuglément depuis la nuit des temps, à savoir l'idée que la réalité est divisée entre un sujet qui perçoit et des objets perçus ? Et si cela qui est conscient n'était pas du tout une affaire personnelle ? Et, si c'était là que se nichait l'erreur racine du genre humain, celle qui cause ce que l'on appelle communément la condition humaine, à savoir cette vie allant de Charybde en Scylla, ou la souffrance côtoie sempiternellement le conflit ?

Cela demanderait non pas un petit réglage de l'angle du point de vue comme cela se fait habituellement, mais une remise en question révolutionnaire du Paradigme qui gouverne toute l'humanité. Cela demanderait de retourner l'attention à exactement 180 degrés de cela qui perçoit. Là, il se pourrait bien que nous apprenions quelque chose d'inoui de notre erreur principale, celle qui consiste justement à ne jamais, même pour le fun, même par curiosité, aller à rebours du flux de l'attention pour remonter jusqu'à la source.


Et pourtant, la discrimination entre le transitoire et le permanent est à portée de regard de chaque être humain. À chaque instant, il nous est donné la possibilité de réaliser que nous ne sommes pas ce que nous percevons, que nous sommes victimes d'une distraction fondamentale qui nous fait nous identifier à ce que nous ne sommes pas. 

Ce que je perçois, pensées ou sensations, émotions ou perceptions, vont et viennent. Mais ce qui en est conscient demeure, avant, pendant et après leurs allées et venues. Ainsi, ce que nous percevons est simplement ce dont nous avons conscience.

Constatez que, par la simple attention accordée au mouvement des perceptions évanescentes, il peut être réalisé que cela qui en est conscient, est vraiment ce que je suis et que cela est toujours déjà disponible, en amont des pensées et des perceptions. L'erreur est de se prendre pour quelque chose de transitoire et négliger l'Atemporelle Présence.

Tout apparaît en la Conscience que je suis, rien ne peut exister en dehors d'elle. Je réalise que je dois nécessairement être présent pour que la manifestation puisse apparaître. Sans cette Conscience omniprésente que je suis l'univers même ne pourrait pas apparaître.

Je m'étais pris pour une pauvre chose limitée, une chose parmi les choses, un corps mental soumis à la naissance et à la mort, aux prises avec d'irréductibles conditionnements, divisée et déchirée entre peurs et désirs, et je me découvre comme étant la Présence consciente sans limites et sans âge, en laquelle tout apparaît, le Non né, le Témoin, l'Un sans second, l'Absolu.

Dans ce rêve qu'on appelle communément la Vie, J'avais momentanément semblé oublier que j'en étais le Rêveur unique. Je me prenais pour le personnage du rêve séparé des autres personnages et du monde du rêve. Puis, l'attention s'est defocalisée, réabsorbée en sa source, éveillée à elle-même, jusqu'à la source ultime, en amont du personnage du rêve, pour découvrir un autre paradigme, une perspective non duelle. Il y a eu Vision, sans personne, et le Rêveur soudain, s'est reconnu lui-même, comme l'éternel et Unique substance de son Rêve.

Paradoxalement la lucidité au sein du rêve semble intensifier la beauté de la vie, comme la connaissance de l'erreur semble révéler la vérité déjà présente.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel, par skype ou une séance d'accompagnement psychocoporel non duel, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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