Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mardi 29 novembre 2016

Libre du désir d'être libre


La réalisation de notre véritable nature n'a rien à voir avec le fait d'être une personne parfaite. Notre véritable nature de Conscience, Témoin immuable de tous les univers, de la matière et de toutes les créatures, n'évolue jamais vers mieux ou un pire. La liberté réelle ne consiste nullement à avoir l'impression d'exercer un pouvoir personnel dans le monde et de se croire doté d'un libre arbitre, ni d'être capable de changer le monde vers un idéal.

La véritable liberté consiste au contraire à se reconnaître libre de toutes les images et les définitions que nous pourrions avoir de nous-mêmes, du monde ou des autres. Ce que nous sommes vraiment vraiment ne peut en aucune manière être conditionné par les élucubrations du mental ou les gesticulations du corps, fussent-elles très belles.

Ce que nous sommes est totalement libre des désirs et des peurs, du personnage, de la bienséance et de la morale commune. Ce que nous sommes est libre du bien et du mal, de la guerre et de la paix. Ce que nous sommes est libre même du désir d'être libre.

Le Bien Absolu consiste à reconnaître l'univers entier comme n'étant qu'un rêve parmi d'autres, une bulle de rêve qui enfle et éclate, au sein du Rêveur Unique que Je suis.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel par skype ou un accompagnement psychocorporel non duel à Paris, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.
Un chat est-il un chat ?


Dés que vous voulez le savoir pourquoi des choses, vous cesser d'écouter et de contempler le monde. Dés que vous croyez savoir, vous cessez de vous émerveiller. Dés que vous cherchez à traduire le ressenti de l'expérience directe dans un langage duel, et y croire, commence l'illusion de la recherche et un sentiment de manque vous étreint.
Il suffit d'un seul vrai regard sans personne pour réaliser que rien n'est jamais perdu. Tout désir désire en réalité être sans désir et toute perception désire juste être reconnue comme une modulation de la Présence silencieuse que vous êtes.
Arrêtez pendant dix secondes le film des pensées pour considérer et réaliser la beauté du non savoir.
Lorsque vous regardez le monde tel qu'il se présente, sans rien refuser, d'un regard équanime, sans références esthétiques, sans morale, sans notions de beauté ou de laideur, il devient plus lumineux, plus vibrant, plus intime, plus vivant.

Les choses, les formes, les objets, les couleurs, les fleurs, les étoiles, les grains de poussière sur les meubles, tout vous regarde, pointe vers l'Espace transparent et vacant au-dessus de vos épaules et vous révèle en tant que Présence consciente. 
Rien n'a changé. Les maisons sont toujours des maisons, les arbres des arbres et les gens des gens.
Un chat est un chat.
Et pourtant...


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel par skype ou un accompagnement psychocorporel non duel à Paris, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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L'Essence du Désir 


Pour sortir du cycle infernal des peurs et des désirs et émerger de l'impression d'être collé aux perceptions, nous sommes invités à interroger cela qui perçoit et écouter avec une extrême attention les mécanismes en œuvre.
Profondément, toute idée de préférence ou de volonté que quelque chose change dans le monde est toujours l'expression d'une nostalgie de ma vraie nature, une secrète aspiration à révéler la paix inconditionnelle du Témoin sans forme et sans âge, sans désir et sans peur que Je suis.
Lorsque l'on prend le temps d'étudier le mécanisme du désir, on réalise que la plénitude ressentie après "l'obtention de l'objet du désir" ne dure jamais et que sur un plan profond, il ne provient jamais de l'objet, soi disant désiré, mais de l'arrêt momentané de la recherche qui dissolvent la peur et la tension qui lui sont consubstantielles. La cessation momentanée de la tension et de la peur révèlent alors avec encore plus d'évidence la paix omniprésente de notre être. 

Tant que cela n'est pas profondément compris, nous demeurerons d'éternels Sisyphes, condamnés à remonter sans cesse nos rochers de désirs, vers des sommets illusoires, en passsant à côté de l'Amour que nous sommes. C'est ce que l'on appelle la condition humaine.
Quelle est donc l'Essence du désir qui semble repousser indéfinimment, telle la tête de l'Hydre de Lerne ?
Au départ, il n'y a qu'une tête. Car la Vie est Une. Mais chaque fois que le désir n'est pas reconnu pour ce qu'il est vraiment, il repousse comme la tête du monstre et se tend vers un nouvel objet de satisfaction. Et, ainsi de suite, ad libitum, ad vitam eternam. Sauf, si par miracle surgit au cœur de votre vie la question glaive, "d'où vient le désir ?" ou "quelle est l'essence du désir ?" capable à elle seule de trancher définitivemement la tête à sa racine.
Comme toujours, la réponse paradoxale pétrifie le mental et ouvre sur sur une évidence silencieuse.
Tout désir apparent d'une expérience particulière désire en réalité sa propre fin. Tout désir se languit d'être sans désir qui est ce "non-état" que l'on nomme également l'Amour Inconditionnel. Tout désir apparent d'une chose est l'expression d'un désir plus profond de se résorber en sa Source pour la révéler. Le désir est une des formes multiples que prend le Sans Forme pour se rappeler à Lui-même au cœur de l'apparente complexité du monde.
Quand la forme d'un désir est reconnu pour ce qu'elle est, c'est à dire Conscience sans forme, Je réalise que Je suis la Plénitude que je croyais trouver dans l'apparent objet du désir. L'apparent sentiment de manque révèle sa Plénitude. 
Lorsque ce mécanisme est vu pour ce qu'il est, il n'y a plus la croyance que notre seul désir, notre véritable désir de reconnaissance de l'Amour que nous sommes puisse être satisfait par une expérience, aussi belle ou satisfaisante soit-elle.
Les désirs qui demeurent sont alors d'une toute autre nature. Ils ne sont plus emplis de tensions vers et de peurs. Ils ne résonnent plus d'une nostalgie du paradis perdu. Ils ne sont plus l'expression d'un manque. Ils ne sont pas personnels. Peut-on encore les nommer désirs ?

Ce sont plutôt de simples résonances naturelles du jeu de la Vie entre certains corps mentaux, avec certains lieux, certaines sonorités, certaines odeurs, certaines formes, certaines expériences. Mais, il est désormais clair que ces apparents élans d'une abeille particulière vers une fleur particulière, du corps mental vers certaines expériences plutôt que d'autres sont reliés à la totalité de l'univers et que ces expériences et ces rencontres ne peuvent en aucun cas en eux-mêmes compléter ce que l'on est déjà. 

Cette réalisation amène une immense tranquillité et une infinie clarté.

Cela que je suis est toujours parfaitement plein et comblé maintenant. Il suffit de le constater.


Le Spectateur Impersonnel que Je suis 
est libre du spectacle



De même que vous pouvez réaliser à chaque instant que les couleurs et les formes sont toujours apparues dans un espace conscient, sans forme et sans âge au-dessus de vos épaules, dans un Espace incluant toute chose et toute expérience, sans préférence, de même, réalisez maintenant que les perceptions, c'est à dire le monde, le corps et le mental, ne peuvent jamais conditionner ou blesser le Témoin atemporel, ni emprisonner le Regard sasn personne que Vous êtes ...


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnemnt individuel, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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lundi 28 novembre 2016

 Méditation du jour : 
Boire à la source de l'Atemporelle Présence


Chercher à s'éveiller c'est encore se prendre pour un humain, un corps mental, un moi personnel, auteur des pensées et des actes, séparé des autres et du monde. C'est vivre dans la nostalgie de l'unité qui semble à jamais perdue. C'est se chercher dans l'idée du devenir. C'est souffrir d'une soif inextinguible.

S'éveiller à notre véritable nature de Présence silencieuse et consciente, ntraire c'est réaliser que dans l'instant, Je suis déjà plein à rabord de moi-même. C'est réaliser que l'Être que Je suis vraiment ne manque jamais de rien.

C'est tellement simple.

Devancez la recherche d'éveil en buvant l'eau de la Source Atemporelle !

Quand ? 

Maintenant ! 

Où ? 

Ici !

Que faire ? Rien à faire, rien à accomplir. Simplement, réaliser qu'en lisant ces lignes, quelque chose qui n'est pas une chose, une non chose à la source de votre être, est déjà présente et pleinement consciente de tout ce qui se déroule.

Avant même que la pensée "oui, c'est vrai, une sorte de Présence non définissable est tout le temps là" - ou n'importe quelle autre pensée d'ailleurs, ne surgisse - la Présence indéfinissable en était déjà consciente. Constate-le. Quoique vous pensiez, quelles que soient la pertinence ou la non pertinence de ce raisonnement-ci ou du votre en ce moment ou de n'importe quel autre raisonnement, Vous en tant que Présence devez absolument être là pour que les raisonnements puissent apparaître. C'est cela qui doit être remarqué et non la pertinence ou la non pertinence des propos.

Car Vous précédez inexorablement les pensées, c'est à dire le mental. Le mental qui désigne cette incessante dynamique de pensées et de mémoires, apparaît en ce Vous sans forme et sans âge, qui est déjà présent. 

Vous précédez également les sensations, c'est à dire le corps, car la Présence sans forme que Vous êtes doit nécessairement être présente pour que les sensations, quelles qu'elles soient, se manifestent.

Enfin, Vous en tant que Présence sans forme, précédez les perceptions, c'est à dire le monde. Sans l'arrière plan de Présence consciente que vous êtes, l'univers même ne pourrait pas apparaître.

Le constat de ce qui est Maintenant déjà est l'éveil. Constater est synonyme de Réaliser. Constater est sans commentaires, constater c'est voir d'un regard impersonnel.

Constatez maintenant que ce que vous croyez être, une personne avec un nom, une forme, une histoire, un corps, des inclinations, des projets, ne sont que des perceptions apparaissant et disparaissant dans la Conscience impersonnelle déjà présente. Ce que vous pensez être, quoique ce soit d'ailleurs, apparaît au même titre que ces lettres, ces mots, ces phrases dans un espace de Présence silencieuse.


Vous ne pouvez percevoir cette Présence, car c'est à partir d'Elle que tout est perçu. Vous ne pouvez la comprendre, car c'est en elle que tout mouvement de compréhension s'effectue. Vous ne pouvez l'atteindre car toute idée de distance et de séparation ne sont que des idées apparaissant disparaissant au sein de cette Présence sans nom et sans âge. 

Ne cherchez pas à vous découvrir comme on découvre une chose, ou à vous connaître comme on élabore un savoir objectif en accumulant des informations et en prenant une direction particulière. Les choses semblent toujours apparaître au-devant d'une personne qui les perçoit. Mais Vous, en tant que Témoin Atemporel et Impersonnel, Vous vous tenez en arrière du sujet et de l'objet. Toujours derrière, autour, dedans et dehors, partout et nulle part. Vous êtes l'Atemporelle Présence dans laquelle les pensées à propos du temps naissent et meurent.

Il y a une beauté incroyable à réaliser que le sujet que je croyais être ainsi que l'objet de perception sont tous deux embrassés par une Présence Une et mystérieuse. Vous croyez étreindre quelque chose et soudain il est réalisé qu'une Présence indicible, infinie, vous étreint, et... Que c'est Vous...

En lisant ces lignes, remarquez qu'il vous faut faire des efforts pour aller d'un ensemble de mots à un autre. Il vous faut également faire un subtil effort d'attention pour déplacer l'attention de la perception des mots que vous lisez à la perception des pensées interprétant ces phrases en temps réel. Or la Présence que Vous êtes était déjà présente, avant même ces subtils déplacements de l'attention. Réalisez que les déplacements de votre attention s'opèrent par de très légers efforts au sein d'une Présence qui en est déjà consciente, qui Elle est totalement sans effort. Réalisez que les commentaires qui s'opèrent à propos de ce que vous lisez maintenant apparaissent au sein d'une Présence qui, Elle est sans commentaires, pure acceptation de tout ce qui se déroule, incluant toute chose, toute pensée, toute forme.

Comment voir, ce qui précède ce qui est vu ? Ce n'est pas possible. Quand Vous réalisez cette impossibilité Vous voyez soudain à partir de la Toute Possibilité. 

C'est un pressentiment de la Présence qui commence à vous envahir. Une sorte de d'intime conviction qui perce au tréfonds de votre être. Vous vous sentez irrémédiablement être cette Présence. Je suis. Oui "Je suis". Simple sensation d'être vivant, présent, conscient. Vous ne portez plus d'intérêt sur la forme particulière que peut prendre Être, sur les atributs, sur les "je suis ceci" ou "je suis cela" mais sur le simple fait d'être. Je suis conscient que Je suis. Je suis conscient d'être conscient. Cela ne s'explique pas. Cela ne s'analyse pas. Cela ne se justifie pas. Cela se vit et se goûte. Maintenant. Ici. Devant cet écran d'ordinateur qui apparaît en Vous. Vous n'avez rien à faire ou à penser pour mériter de sentir que vous êtes conscient d'être conscient. Vous êtes la Présence Consciente de tout ceci. Et, en le réalisant, Vous réalisez que tout ce que vous percevez apparaît comme non séparé de Vous. Tout est Vous. Vous êtes Cela. Et Cela vous est donné dans l'instant. C'est cadeau.

Nous prétendons être séparés et avoir perdu la Plénitude que nous sommes pour le simple plaisir de la retrouver. Quand nous nous nous reconnaissons comme étant cette Plénitude, il est réalisé qu'elle avait toujours été là. Mais tant que nous prétendons avoir soif nous ne réalisons pas que nous sommes déjà en train de boire à la Source.

Gratitude. Belles éclosions à Vous.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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samedi 12 novembre 2016

L'amour inconditionnel
Et la relation d'amour au sein du couple


L'amour inconditionnel est la réalisation du Soi comme source de toute la manifestation. La reconnaissance de notre vraie nature non duelle est l'amour inconditionnel de toute créature, forme ou expérience, c'est l'amour inconditionnel pour ce qui est. Cet amour ne naît pas d'un sentiment ou d'une idée, même de l'idée que c'est bien et beau de tout aimer. C'est amour ne peut être produit pas aucun désir, ni aucune volonté. Il est ce que nous sommes, en amont des pensées et des perceptions. Cet amour inconditionnel naît de la reconnaissance que toute forme, créature ou expérience sont une simple modulation du Sans Forme que je suis. 

Pourtant, une des manifestations principales de notre sentiment de séparation est justement la demande d'amour et notre besoin de reconnaissance. Et cela s'exprime surtout dans notre prétendu besoin d'une relation amoureuse profonde et réciproque. Il semble en effet que la relation amoureuse puisse dissoudre notre sentiment de séparation et nous apporter l'amour et le bonheur. C'est en tout cas ce que la sociéte et ses milliers de fictions et de romans d'amour semble nous dire.

Il est vrai que quand le Prince ou la Princesse des contes semble enfin se transmuer en chair et en os et venir envoûter notre vie, le sentiment de manque disparaît complètemement et nous sommes instantanément ouverts à une dimension autre de l'amour pour le monde qui nous entoure. Lorsque le désir d'amour est satisfait par la rencontre avec un autre être, le désir et son corollaire, la peur, se dissolvent comme par magie. Le sentiment qui naît de la fin du désir est appelé amour. C'est une expérience magnifique bien sûr.

Mais, il y a un petit hic !

L'autre, au premier abord, semble être la cause de cet amour. Mais en réalité c'est la cessation temporaire du désir qui est en réalité toujours une sorte de tension douloureuse, qui permet de révéler la paix et le bonheur du Soi omniprésent. Le mental par contre est berné. Il nous raconte avec moults preuves à l'appui que c'est l'autre personne qui est la cause de cette félicité soudaine. Puisque ces pensées sont en général crues, il s'ensuit un fort attachement à l'expérience amoureuse et plus particulièrement à celui ou celle qui semble en être la source. Le mental, féru d'histoires ne se lasse jamais de parler de cet amour et de justifier cet attachement que d'autres témoins extérieurs perçoivent comme parfois pathologique.

De plus, il y a un deuxième hic - sinon ce ne serait pas drôle - ce sentiment d'amour ne dure pas en intensité. Nous sommes donc invités à réaliser que cet amour aussi merveilleux soit-il, ne peut répondre durablement au problème qu'occasionne la souffrance liée au sentiment de séparation. Mais cette invitation tombe souvent à plat. Le mental, qui a une propension à la justification qui confine au délire, nous expliquera que ce n'était simplement pas la bonne personne et se remettra très vite en quête d'une nouvelle personne plus sexy, plus jeune, plus mûre ou plus en résonnace tout simplement avec les besoins non assouvis du moment.


Même si le couple a le bonheur de renaître sans cesse de ses cendres, ce qui est déjà rare, et suscite un désir commun d'engagement, de marriage, de créativité, de famille et vit une vie relativement agréable et équilibrée, avec des jolis pics d'intensité, le sentiment d'incomplétude ne disparaît jamais définitivement. Ce sentiment d'incomplétude ne peut jamais être durablement satisafait par une expérience, aussi belle et intense soit-elle, sauf en apparence et sur une certaine durée. Toute expérience a inéluctablemement un début et une fin. Même la plus belle des expériences amoureuses. Et, cette impermanence, que nous savons tous dans notre for intérieur être la marque de toute expérience, nous conduit à craindre de la perdre. Très vite nous commençons donc à vivre dans la peur ainsi qu' avec la farouche volonté de défendre la relation à tout prix, ce qui peut naturellement engendrer une certaine forme violence.

Un esprit amoureux est tout sauf clair et le mental va forcément toujours essayer de se focaliser sur les qualités - supposés intrinsèques - de l'objet de notre amour, source d'expériences tellement extatiques. Par contre, le mental va royalement ignorer tous les signes permettant de penser raisonnablement que les besoins des deux personnes ne sont pas forcément raccords, que les corps mentaux ont des histoires peut-être trop divergeantes pour s'harmoniser au long cours et, - pour le dire en un mot comme en cent - que les névroses ne sont pas forcément compatibles.

C'est là que l'amour va commencer à être conditionné par une multitude de facteurs extérieurs. C'est là que les reproches et la demande d'amour vont émerger : "tu ne m'aimes pas assez ?", "tu ne me comprends pas", "tu manques d'écoute et d'empathie", "il faut que tu arrêtes d'être cynique", "que tu rentres moins tard", "que tu me laisses plus d'espace", "que tu perdes du poids",  "que l'on parte en vacances plus souvent chez mes parents"...

Or la demande d'amour prend toujours sa source dans l'ignorance de notre vraie nature.

En termes non duels, on pourrait dire que l'amour romantique d'une autre personne résulte d'un amour du Soi pour lui-même mais, se prétendant séparé et, prétendant donc aimer quelqu'un d'autre. Alors que la pensée "je l'aime" est crue, il serait plus juste de dire "j'aime l'amour" ou "je suis amoureux de l'amour."


Un conflit au sein d'une relation amoureuse entre deux personnes ayant la croyance d'être des entités séparées est extrêmement difficile à résoudre sur un plan profond, car tous deux croient dur comme fer qu'ils ont chacun raison. Ils ne savent pas à ce niveau de conscience qu' "avoir raison", c'est seulement "avoir raison." Et, en général la résolution passe par des compromis qui sont autant de bombes à retardement. 

C'est seulement si deux êtres sont animés d'un intérêt plus grand pour la Vérité que pour l'autre en tant que personne séparée, qu'une relation authentique et durable est possible. 

En d'autres termes, c'est seulement la dimension de l'amour inconditionnel qui peut transformer une relation amoureuse en une relation saine et profonde, en harmonie avec l'environnement.

Car c'est seulement alors qu'une remise en question radicale - toujours inévitable - et qu'un lâcher prise des impulsions égotiques et des demandes de toutes sortes peuvent survenir, en faveur de la Vérité Une et Impersonnelle.

Plus vous aimez d'un amour véritable, plus vous désirez comprendre la nature de cela que vous aimez. Et de ce désir naît nécessairement les questionnements profonds : "qui suis-je en essence? ", "qu'est ce que la nature de l'amour ?", "quel est le sens de tout ceci",  "qui est l'autre en essence" ?.
C'est seulement lorsque ce questionnement est mené à son terme que nous comprenons intimement que Conscience est tout ce qui est, qu'il n'y a que l'Amour. Le couple devient alors le lieu d'une transfiguration de l'amour personnel en amour inconditionnel, en amour divin. Mais le Dieu que vous aimez n'est plus séparé de vous, c'est Vous en tant que Conscience. Ce n'est nullement que vous êtes soudain transformé en Conscience. Vous réalisez simplement que votre nature véritable a toujours été Cela. Vous réalisez alors que la croyance en un Dieu transcendant et séparé de l'Homme, ne vient que de la croyance que la création doit avoir une cause.

N'est-ce pas paradoxal qu'une des religions très duelles, le Christiannisme, voue une dévotion à un homme qui a proclamé : "Le Royaume est en vous" et "Le Père et moi sont Un."

Lorsque votre investigation directe vous amène à reconnaître que le visage et le corps de l'autre n'apparaissent pas à deux petits yeux, ni à une tête ou à une personne mais émerge dans une vacuité consciente, sans couleur et sans forme, sans âge, sans désirs et sans peurs, pleinement accueillant, inclusif, non duel, alors vous réalisez que vous n'avez jamais été face à face dans la relation avec l'autre, mais bien  : face à espace. 

Vous réalisez que, dans l'expérience directe où tous les mots sont caduques, entre l'espace transparent qui perçoit et le visage perçu, il n'y a en réalité jamais eu de séparation.

Là vous pouvez, non pas faire l'amour mais être l'amour.

N'est-ce pas cette évidence de la non séparation qui fait dire au Christ souffrant sur sa croix :

"Père pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

Ainsi, si vous avez réalisé votre vraie nature - le couple étant sans doute le lieu de la grande Saddhana - là, où l'établissement dans la Conscience Inconditionnée est constamment mise à l'épreuve, lorsque votre partenaire fait la bête et pique une grosse colère, sort de ses gonds, vous trahit, vous ment ou s'adresse en vous en des termes peu reluisants et accusateurs, vous pourrez faire l'ange et dire :

"Il ou elle ne sait pas ce qu'il (elle) est". 

Et si c'est vous qui faites la bête* et l'autre l'ange, vous reconnaîtrez (dans le meilleur des mondes bien sûr) :

" Père je ne sais pas qui je suis."

Et tant qu'il y a encore des sentiments de séparation et des réactions en relation avec des conditionnements personnels, c'est qu'il y a une invitation à voir et à sentir pour approfondir l'amour. C'est qu'il y a une invitation à ressentir les fantômes du passé surgissant de leur boîte de Pandore maintenant, une invitation à se reconnaître dans l'ombre des pensées et les angles morts des émotions retenues, une invitation à vivre la relation avec encore plus de conscience.

Belle investigation et belles éclosions à vous


* Pascal disait : "Qui fait l'ange fait la bête"

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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jeudi 10 novembre 2016

Le lot de consolation des chercheurs de Vérité


Que celui qui ne comprend pas ce discours ne s'en afflige pas dans son cœur. Tout le temps que l'homme n'est pas semblable à cette vérité, il ne peut pas comprendre ce discours, car c'est une vérité sans voile qui est venue directement du cœur de Dieu.


Maître Eckhart
Le principal empêchement de l'éveil :
Les émotions refusées


La plupart d'entre vous qui lisez ces lignes avez probablement déjà vu des dizaines de vidéos, pratiqué l'investigation du soi, médité des centaines d'heures, lu des livres sur la non dualité. Vous êtes peut-être un(e) habitué(e) des rencontres non duelles depuis de nombreuses années et vous sentez que vous avez déjà une meilleure compréhension de votre vraie nature, que votre vie s'articule d'une façon plus légère et qu'en tout cas des progrès ont d'une certaine manière été accomplis.

Il est vrai qu'il peut sembler paradoxal de parler de réalisation de notre vraie nature sur un plan progressif, puisque tous les enseignements disent clairement que vous êtes déjà ce que vous cherchez et qu'il n'y a par conséquent rien à attendre ou à atteindre ailleurs ou plus tard qu'Ici et Maintenant. 

Pourtant, même si sur un plan relatif, nous avons tous eu ce sentiment d'avoir progressé, d'être plus présent, d'être beaucup plus proche de l'éveil qu'avant, la plupart d'entre nous avons également été confronté à ce sentiment pénible d'avoir atteint une sorte de limite très frustrante. Nous avons peut-être déjà eu ce sentiment que tout semblait avoir été plus ou moins compris et d'avoir parfaitemement intégré l'enseignement de la non dualité. Nous avons connus des moments de paix et de bonheur relatifs sur des durées inégales. Nous sommes même parfois capables de dire à l'avance la réponse que tel ou tel enseignant va donner à une question posée. (Plusieurs amis m'ont partagé cette impression).

Et pourtant...

Loin de la promesse d'émerveillement et de félicité des débuts, loin de la joie inconditionée et de la paix profonde dont parlent certains écrits ou enseignants, nous sommes saturés de mots, de concepts et de savoirs. Certains d'entre nous sommes devenus blasés, prisonniers d'une sorte de sentiment d'aquoibonisme qui confine à une sorte de dépression subtile. L'indifférence et la désillusion ont pris la place de l'immense espoir engendré par la rencontre avec les premiers écrits et les premiers satsang. L'ennui a pris le pas sur l'émerveillement qui avait embrasé de la recherche ? Il se peut même qu'une forme de colère commence à émerger. L'ironie, l'auto-ironie, le sarcasme et le cynisme font désormais partie de la palette de certains. J'ai récemment été confronté à ce type de réactions ou d'attitude en rencontre ou sur facebook au cours de dialogues écrits. Et cela me touche bien sûr. 


Que s'est il passé ? Pourquoi cette incapacité à nous étonner ? Qu'est-ce qui nous retient ? Nous le comprenons mentalement et nous sommes peut-être capables de l'expliquer en des termes qui feraient blêmir les meilleurs pédagogues non duels. Nous avons déjà permis à certaines émotions de faire surface au cours de notre vie, au cours de diverses thérapies divers beaucoup de choses ont été vues, et assimilées, et pourtant, quelque chose bloque encore et, quelque part nous nous sentons piégés, incapables d'aller de l'avant mais impuissants également à revenir en arrière. Nous nous sentons irrémédiablement coincés.

Dans mon expérience d'accompagné et d'accompagnant, tout blocage et tout sentiment d'insatisfaction, tout signe d'aquoibonisme, de "prétention à savoir", toute démonstration de cynisme ou d'agressivité, sont tous des pointeurs vers une même évidence : Nous n'avons pas encore permis à toutes les émotions d'être pleinement écoutées et ressenties. C'est aussi simple que cela. Il s'agit d'admettre qu'il y a encore en nous quelque chose qui n'a pas été pleinement exploré. Il y a quelque chose que nous refusons de voir, d'admettre en nous, de ressentir pleinement. Et ce refus de laisser toutes les émotions se manifester, court-circuite irrémédiablement toute investigation sur le Soi.

Après vingt ans d'accompagnement des êtres en souffrance et des émotions enfouies, je n'ai jamais vu une seule personne - jouant le jeu avec sincérité - ne pas connaître cette étonnante éclosion de la plénitude au cœur même du sentiment de manque, lorsque ce dernier était pleinement écouté au travers d'un jeu de révélation. 
Après voir été accompagne des centaines de fois et vécu en tant qu'accompagnant plusieurs milliers d'accompagnements, je puis affirmer sans exagérer, que le refus, la peur de faire face à des émotions sont certainement la cause principale du blocage que la plupart des gens ressentent sur leur chemin d'éveil à ce qu'ils sont déjà.


Dans ma propre expérience d'accompagné et d'accompagnant, il y a dans les premiers temps de l'investigation du Soi, de la thérapie ou du cheminement spirituel, des émotions de base qui remontent. Ce sont souvent des émotions liées à des croyances de base telles que par exemple "je ne suis pas digne d'être aimé", ou "je ne suis pas quelqu'un de bien", que beaucoup d'entre nous connaissions avant même de commencer notre investigation. Mais au fur et à mesure que l'investigation continue, des couches d'émotions de plus en plus profondes se révèlent.

Beaucoup d'entre elles ne peuvent pas forcément être expliquées ou être reliées à une croyance particulière. Vous pouvez vous sentir déprimé, opprimé, blasé, en colère, terrorisé, en panique, jaloux, honteux et il n'y a pas forcément de raisons particulières à ces expressions. Vous ne pouvez pas vraiment les relier à votre enfance ou à des expériences de votre vie d'adulte. Et, vous pressentez que même tenter de trouver une explication ou des liens comme on le fait en thérapie psychanalitique ou psychologique ne résoudrait rien. Ce sont simplement des émotions brutes qui remontent des profondeurs à la faveur des expériences de la vie et de l'auto-investigation en cours et, qui ne demandent qu'à être pleinement ressenties, écoutées.

Et c'est à ce moment-là que la plupart des êtres reculent. C'est trop. C'est bien sûr ok. Il n'y a aucun problème avec le fait de ne pas aller plus loin. Peut-être tout simplement que vous n'êtes pas prêts à ressentir certaines de ces émotions qui risquent évidemment de faire écrouler les derniers châteaux de cartes du mental. Quand vous serez prêts, cela se passera naturellement et vous rencontrerez éventuellment sur votre chemin des êtres susceptibles, si nécessaire (et cela peut l'être) de vous accompagner dans les angles morts et les zones d'ombre de vos émotions et de vos croyances transparents les plus enfouies.

Néanmoins, il me semble important de le remarquer, afin que nous ne nous racontions pas d'histoires inutiles et chronophages à ce propos. Amor Fati. Amour de ce qui est. 


 Car c'est à ce moment là que l'investigation du Soi entre dans un cercle vicieux. Et, la seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de faire face à la peur. Tactilement, vibratoirement, sensoriellement. De ressentir plutôt que de penser la vie et les émotions. Or, ce n'est pas du tout évident de le faire tout seul quoi qu'on entende de-ci de-là. J'ai été accompagné pendant une quinzaine d'années par mon ostéopathe éveilleur à Aix en Provence, et je propose ce même accompagnement depuis 1998. Peu d'êtres sont prêts à une telle exploration directe dans le ressenti silence d'une écoute sans personne.

Le discours logique de l'advaita est un magnifque pointeur masi qui paradoxalement a pour certains un air rassurant et simple et qui attire beaucoup de gens ces dernières années. Mais une des raisons, je pense, pour lesquelles il attire autant de gens - et qu'il en laisse d'ailleurs beaucoup sur le carreau, devant une barrière qui leur semble infranchissable - c'est qu'il demeure pour la plupart très conceptuel. La plupart des gens éduqués et curieux entendent et comprennent le message. Un bon nombre l'applique jusqu'à un certain niveau de difficulté. Mais très rares sont ceux qui sont capables de faire face, seuls, à la terreur sourde qui peut émerger de profondeurs du corps lorsque celui-ci est écouté, senti, touché, sans aucune intentionnalité. Il n'y a aucun jugement. Un simple constat de 20 ans de pratique de l'accompagnement psycho-corporel et 4 ans de pratique de l'entretien non duel.

Je ne dis pas ici que chacun doit nécessairement passer par une sorte de nuit obscure de l'âme avec des émotions terrifiantes. L'ampleur et l'intensité des émotions variera selon chacun. Ne vous comparez à personne. Je dis juste que, lorsque l'on accepte de se rendre vulnérable et lever le couvercle, il y a beaucoup plus de choses cachés en nous que nous voulions bien l'admettre en premier lieu. C'est ainsi. Et je le constate à chaque rencontre, chaque retraite. Et, en ce cas, jouer au jeu des joutes intellectuelles de bon aloi, comme par exemple rétorquer "qui ressent l'émotion", "il n'y a personne qui ressent", bref, s'empêtrer dans discussions non-duelles à la "mords-moi le nœud" et d'infinies prétentions à savoir, dans le seul but d'éviter de faire face à ce qui en vous vous fait signe depuis si longtemps ne vous sera bien évidemment d'aucune utilité et ne fera que retarder l'échéance.
Nous sommes là pour reconnaître la vie que nous sommes et cela se passe inéluctablement par le ressenti de ce à quoi nous résistons. 


Soyez juste conscients que si vous êtes attirés par la non dualité et la spiritualité authentique, si vous avez le pressentiment que vous êtes déjà ce que vous cherchez, et que pourtant, vous ne le vivez pas pleinement, acceptez que c'est peut-être que vous n'avez pas encore laissé toutes les émotions remonter à la surface. Le piège principal est effet de croire que l'on pourrait tricher avec elles et parvenir à la réalisation du Soi (que vous êtes certes déjà), mais en tout cas s'établir pleinement dans cette Présence silencieuse en relation avec les autres et le monde, tout en évitant de sentir certaines choses. 

La voie directe nous enseigne certes que nous pouvons réaliser notre vraie nature Ici et Maintenant, par une compréhension qui n'est pas seulmeent conceptuelle de ce que nous ne sommes et qui invite à une sorte de saut intuitif permettant de se reconnaître Conscience unitive. Et c'est vrai.

Cepandant, vu la constitution d'un être humain occidental moyen du 21eme siècle et son lot imprssionent de conditionnements à tous les niveaux, d'histoires et de fictions, le nombre de concepts et d'images de soi et de la vie accumulées dans le mental et le corps, si vous ne passez pas par le resssenti des émotions, toute quête authentque de réalisation de soi est statistiquement vouée à l'échec d'avance pour la plupart. 

Si vous refusez de passer par là, ouvrez-vous au moins à la possibilité que ce soit peut-être une résistance et explorez-là avec les outils ou les accompagnants à votre disposition. Réifier la Conscience ou le Témoin, pour se détacher artificiellement des émotions dans une sorte de posture héroïque est vraiment le piège principal et, j'en sais quelque chose. Je ne parle que depuis ma propre expérience. Une grande partie des gens qui viennent me voir en séance individuelle ont une grande affinité avec la non dualité, et semblent avoir déjà compris et asimilé le discours mais se sont trouvés d'une façon ou d'une autre piégés par cette prétention à savoir qui ne résout en rien le ressenti. Et nous sommes nombreux à être tombés dasn ce piège. Le reconnaître c'est reconnaître que vous n'êtes pas ce piège. Ici l'honnêteté est le seul ingrédient important. Et, lorque je dis honnêteté, je ne parle pas d'une honnêteté morale (Mais l'un n'exclut bien sûr pas l'autre). Je veux parler de l'honnêteté qui consiste à reconnaître lorsque nous sommes tendus et que nous souffrons. Être malhonnête, pour moi c'est lorsque quelqu'un vous pose la question "que ressentez-vous", et que cela déclenche une spéculation intellectuelle à propos de ce que vous "devriez ressentir" plutôt que de le ressentir tout simplement, sans commentaires.  


La compréhension et le ressenti silence sont les deux faces d'une même réalité. Et je ne conçois pas un "enseignement" qui ne soit pas ouvert sur ces deux aspects de la réalité Une et indivisible. 

La plupart du temps les enseignements de non dualité mettent surtout l'accent sur la compréhension. 
C'est pour cela que j'ai naturellement tant d'affinités avec le "travail" (The Work) de Byron Katie, et l'approche non duelle Eric Baret, son yoga et ses textes magnifiques et tous ceux qui accordent une part importante au ressenti et à l'expérience directe dans leur enseignement ou accompagnement. C'est pour cela que je donne une si grande place aux jeux de révélation basées sur le ressenti lors des rencontres, des retraites et bien sûr des entretiens individuels et, qui permettent d'accueillir pleinement les émotions.

De toute façon que vous en soyez conscient ou non, que ce message résonne ou non, nous seront tous tôt ou tard confrontés aux émotions qui n'auront pas été pleinement écoutées.

Belles éclosions à tous

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

mercredi 9 novembre 2016

"Cette pensée te vient-elle pendant le sommeil profond ?"
Ramana Maharshi


Dans l'article précedent, nous avons vu la potentialité de révélation de notre véritable nature infinie contenue en puissance dans le précieux questionnement : "Qui suis-je ?" Ramana Maharshi en avait fait le pointeur principal de son enseignement non duel. 

Mais il utilisait également un autre pointeur tout aussi puissant dont on parle moins. Il rappelle souvent que nous passons 25 ans de notre vie à dormir et que pendant le sommeil profond "nous sommes morts au monde", que les images cessent d'être perçues et que nous ne sommes donc pas conscients de nous-mêmes. Dans cet état de sommeil profond, aucune pensée n'émerge, car il n'y a plus de concept de moi séparé auquel on pourrait les relier. L'attention même est totalement relâchée, résorbée dans sa source. Qu'est-ce que cette non-expérience, sans tension vers aucune perception particulière, sinon l'expérience pure d'être, tout simplement, sans personne pour en faire l'expérience. 

Si, en nous réveillant, nous sentons encore les effluves de cette paix, de ce repos et de ce bonheur profond sans cause, c'est évidemment que pendant le sommeil profond, cette même paix et ce mêmem bonheur étaient présents et il n'y a eu aucune discontinuité de l'être que nous sommes. Il y a juste absence de perceptions et donc de mémoire. Mais l'absence de mémoire ne signifie nullement l'absence de l'être que je suis. Ce n'est pas parce que je ne me souviens pas de quelque chose que l'être que je suis connais des interruptions. Ce que je suis est l'Atemporelle Présence, ce qui est maintenant. Je suis l'écran toujours présent sur lequel les mémoires, le passé, l'avenir, les expériences et les perceptions vont et viennent.  

Ce que je suis se révèle donc avec plus d'évidence pendant le sommeil profond où les identifications de l'état de rêve et de veille cessent complètement.

Ramana Maharshi nous suggère donc que notre vraie nature est du même ordre que le sommeil profond transposé à l'état de veille.

Le corps-mental qui pose les questions ne détient aucune réponse. La réponse surgit d'elle-même lorsque les perceptions et le corps-mental se résorbent dans le Silence dont il sont issus. Alors toute question cesse. Car lorsque ce Silence se révèle en Vous, Vous vous savez être ce Silence qui est l'arrière plan et la condition de tous les phénomènes perçus.

Dans l'Advaïta Vedanta, on esssaie de transposer en conscience la Vérité qui se révèle dans le sommeil profond dans l'état de veille. Être ce Non Savoir de façon consciente est ce que l'on appelle la réalisation.

Cela rappelle l'invitation de Maître Eckhart dans son "sermon du pauvre d'esprit" à demeurer dans le même état de volonté que celui qui était lorsque nous n'étions pas (d'avant lapparition du corps-mental). Cela peut opérer comme un Koan paradoxal qui permet au mental de s'effondrer en sa source qui se révèle à Elle-même.

Ainsi, lorsqu'un disciple était envahi par le doute et que son mental commençait à intelletualiser les choses, Ramana Maharshi demandait souvent si le dilemne exprimé survenait pendant le sommeil profond ?

""Est-ce que la question "qui suis-je" émerge dans le sommeil profond ?" Non. Et, c'est pour cela que si vous comprenez la nature de ce que vous êtes pendant le sommeil profond, Maintenant, vous n'avez même pas à vous préoccuper de qui vous êtes, ni d'aucune autre pensée. 

Ainsi plus encore que la question "qui suis-je", la question "cette pensée vous vient elle pendant le sommeil profond" est un pointeur puissant, peut-être encore plus révélateur pour réaliser la lucidité au sein du rêve. Car cette question fait immédiatement taire toute impression d'être un "moi séparé" posant des questions.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
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mardi 8 novembre 2016

Nan Yar
L'investigation du Soi selon Ramana Maharshi


L'invitation de Ramana Maharshi à vous poser la question : "qui suis-je ?" est considérée par la plupart comme son enseignement le plus important. Vous pouvez trouver la quintesssence de cet enseignement dans un petit livre intitulé "Qui suis-je ?" (Nan Yar), un des deux seuls livres qu'il ait jamais écrit en prose. Vous y trouverez ses instructions données à un disciple posant des questions ayant trait à la réalisation du Soi. Cet écrit expose clairement l'enseignement de Ramana Maharshi et sa méthode concrète d'investigation du Soi (Self Inquiry).

Ce que l'on nomme le mental n'est qu'un ensemble de pensées. La pensée "je" est la première qui s'élève dans la Conscience. 

"Ce qui s’élève dans ce corps en tant que ‘je’ est le mental. Si l’on s’interroge d’où émerge en premier lieu la pensée ‘je’ dans le corps, on découvrira que c’est du Cœur. C’est là la source du mental. Même en pensant continuellement ‘je, je’, on sera conduit à cet endroit. La pensée ‘je’ est la première de toutes les pensées qui apparaissent dans le mental. Ce n’est qu’après sa naissance que les autres pensées s’élèvent. En d’autres termes, ce n’est qu’après l’apparition du premier pronom personnel que le deuxième et le troisième pronom apparaissent ; en l’absence du premier, le deuxième et le troisième ne peuvent exister. " (Nan Yar)

Si l'on continue l'investigation par la question : "qui suis-je ?" d'une manière radicale et jusqu'à boutiste, toutes les autres pensées se dissolvent. La pensée "je" finit également pas se dissoudre, laissant la place au Soi non-duel, notre véritable nature. Les fausses identifications du Soi avec ses modulations dans la forme, telles que le corps et le mental se dissipent, et notre nature de Conscience sans forme et sans âge est réalisée. 

Lorsqu'on demande à Ramana Maharshi : "Comment le mental peut-il devenir tranquille ?" Il répond Par l’investigation « Qui suis-je ? ». La pensée « Qui suis-je ? » détruira toutes les autres pensées, et, semblable au bâton qu’on utilise pour remuer le bûcher, elle sera, elle aussi, finalement détruite. C’est alors que surviendra la réalisation du Soi.

Évidemment, qu'au cours de cet auto questionnement, "qui suis-je ?" de nombreuses autres pensées vont émerger et la tentation sera grande de le suivre et de s'y identifier.
Mais, nous dit Ramana : Si vous vous demandez à chaque fois : « À qui cette pensée est-elle venue ? », la réponse sera : « À moi ». Si vous poursuivez alors l’interrogation « Qui suis-je ? », le mental retournera à sa source et la pensée qui venait de surgir s’évanouira. 

C'est là qu'il s'agit d'être pleinement vigilant et, pour qu'au lieu de les suivre, se reposer avec constance la question : "À qui se présentent-elles ?". C'est grâce à cette investigation permanente, cette remise en question radicale et continue de l'apparent questionneur, que le mental va finir par s'établir dans sa source.

Ainsi, quand le mental demeure dans le Cœur, le ‘je’, origine de toutes les pensées, s’évanouit, et le Soi toujours présent resplendit. Quoi que l’on fasse, on doit le faire sans le ‘je’ de l’ego. Si l’on agit de telle manière, on s’apercevra que tout est de la nature de Shiva (Dieu).

La question "qui suis-je" trouve son importance dans le fait qu'elle incite le questionneur d'aller explorer la source du prétendu questionneur qui semble poser la question. Car la source de tout questionnement - et de toute spéculation - est in fine la pensée crue qu'il y a un "je" qui pose la question.
C'est pour cela que cette simple question : "qui suis-je ?" peut éventuellment déboucher sur la question clé, "y a-t-il un vraiment un "je", auteur des pensées et des actes, ou est-ce que ce "je" apparent n'est qu'une autre forme pensée, simple perception apparaissant et disparaissant dans la Conscience ?

Pour ma part, plutôt que la question "qui suis-je", je préfère poser la question qu'est-ce que cela qui est conscient ? La question "qui" peut sembler d'emblée suggérer qu'il y a quelqu'un à trouver.  C'est également ainsi que Rupert Spira, un grand pointeur contemporain l'entend. Au lieu de demander "qui pose la question", je préfère interroger en ces termes : "Qu'est-ce que cela qui est conscient de la question ?" ou "quelle est la nature de cela qui est conscient de la question ?". Mais l'important est que le pointeur soit opérant pour vous.

Ce que vous découvrez à la fin de l'investigation, est une Présence silencieuse qui contient beaucoup plus que ce qui est connu, elle est le fondement de tout ce qui est connu, mais elle est également au-delà du connu. Si l'investigation du "Qui suis-je?" part toujours d'une sorte de dissonance et de déséquilibre au cœur de notre vie, elle trouve son aboutissement par la dissolution dans la Présence silencieuse du "je suis".

Si cette résorbtion dans la Présence est instantanée, l'approche peut se faire de façon graduelle. Chaque résorption dans la Présence accueille de nouvelles zones d'ombre, de nouveaux angles morts et fait émerger une plus grande lucidité qui permet de s'établir progressivement dans la Présence silencieuse que nous sommes.

Qui veut changer le monde ? Qui voudrait tomber amoureux ? Qui aimerait avoir plus d'argent, un quotidien plus facile, un corps plus robuste, avoir un travail plus intéressant, être plus jeune, plus sain, avoir un mental moins agité, des émotions plus positives ? Une entité qui semble séparée, mais qui en réalité n'est qu'une simple construction du langange et de la sociéte, un simple perception, apparaissant disparaissant au sein de la Présence silencieuse que je suis. Quand cela est clairement réalisé, la croyance en un moi séparé, un ego se dissolvent et les problèmes et les souffrances qui vont avec, également.


Et comme Ramana Maharshi et Sri Nisargadatta Maharaj ne cessaient de le répéter : 

"Votre propre réalisation du Soi est le plus grand service que vous pouvez rendre au monde."

Explorez avec ferveur, investiguez avec constance et posez-vous sans relâche la question des questions : "Qui suis-je ?"...

Quelle est la nature de cela qui est conscient de ces mots, des perceptions, des pensées ?

C'est la Conscience qui se rappelle à elle-même au cœur du rêve.

Belles éclosions à tous et à toutes...

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
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jeudi 3 novembre 2016

L’espoir c’est le désespoir


L’espoir semble au premier abord être un beau sentiment, paré d’une grande valeur. C’est excitant d’espérer. Beaucoup plus que de désespérer. À priori. Et peut-être est-ce justement un à priori ?

L’espoir est extrêmement valorisé par le langage, la culture occidentale en particulier et le monde contemporain en général. La religion chrétienne joue beaucoup sur la corde sensible du concept d'espérance. L’Islam aussi. L’espérance d’être sauvé. on nous martèle qu'il faut avoir la foi. Toutes les religions nous servent la carotte de l’espoir d’être sauvé, personellement sauvé, d'aller au paradis, de rencontrer Dieu, son fils, les anges ou d’être touché par je ne sais quelle Grâce dans un futur proche ou éloigné, un temps qui n’a jamais existé que dans un mental conditionné.

« Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre » dit Dostoïevsky. "Tout ce qui est fait de grand dans le monde est fait d’espoir" proclamait Matin Luther King. « Si j’aide une seule personne à avoir de l’espoir, je n’aurais pas vécu en vain », rajoutait-il.

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas aider les personnes qui en ont besoin ? C’est une chose noble et naturelle. Et faire le bien autour de soi est certainement une des expériences les plus merveilleuses et nourissantes. Avoir l'espoir pour un afro américain dans les années 60 ou même aujourd'hui, c'est avoir la perspective un jour d'accéder au mêmes droits qu'un américain blanc, ce qui est une bonne chose sur le plan relatif.

Ce genre de phrases est en apparence fort sympathique, il faut le reconnaître. Les gens semblent avoir besoin de l'opium de l’espoir. L’adage populaire ne dit-il pas « l’espoir fait vivre » ? Kalid Gibran qui s’emporte parfois avec beaucoup de lyrisme y va également de sa plume lorsqu’il écrit « l’espoir du paradis est déjà le paradis ».

Mais qu'en est-il de la nature même de l'espoir ? Est-ce que l'espoir peut vraiment par lui-même nous rendre plus complets, plus conscients de notre véritable nature ? Si l'espoir semble être un tremplin pour des changements dans le monde, est-ce qu'il a réellement une quelconque utilité pour accomplir ce qui au fond l'est déjà ? L'espoir ne participe-t-il pas paradoxalement au voilement de la véritable joie sans cause, la jois simple d'être, que nous sommes en essence ?


Hitler, Staline, Mussolini, Napoléon, ou Mao Tsé Toung inspiraient également beaucoup d’espoir à des millions de gens. Peut-être que tous ces gens sont au paradis ? 

Lorsque nous espérons quelque chose, cela part d’un bon sentiment. Et, c’est bien sûr parce qu'à travers lui, nous espérons atteindre cette paix et cet amour tant de fois pressentis mais également si fugaces. Le seul petit problème de cette ritournelle est que l’espoir dont on parle tant n’a jamais été pleinement exploré tel qu'il est vraiment.

S'il s'agit de réaliser notre vraie nature, de se connaître soi-même, qu'apporte l'espoir sinon le fait de placer l'attention vers un temps, le futur, qui n'existe pas et qui n'arrive jamais. Qu'est-ce que l'espoir sinon miser sa foi sur un ailleurs imaginaire ? Qu'est ce que l'acte d'espérer sinon une fuite de l'atemporelle Présence que nous sommes Ici et Maintenant ?

Dés que nous pensons pouvoir obtenir la paix et le bonheur au travers d’un accomplissement particulier, d’une expérience ou d’une sorte de connaissance spécifiques, nous nous attachons à une forme particulière et négligeons le Sans Forme, cette Présence toujours là, dans laquelle les formes apparaissent et disparaissent. Même, lorsque l'espoir est paré des plus beaux atours de la plus haute spiritualité, il nous oriente dans une direction particulière où, fatalement, nous oublions notre véritable nature, au sein de laquelle cette forme tant convoitée a surgi.

Ainsi, dés qu’il y a espoir, il peut certes y avoir un sentiment d’expansion joyeuse, une sorte d’expérience temporaire de paix. C'est agréable de faire l'expérience d'une pensée heureuse. Mais l’espoir dépend toujours de quelque chose. De quoi ? De sa réalisation pardi ! Observez le visage d’un homme qui espère. Il est tendu. Ressentez le ventre d'une personne qui rêve du grand amour avec une paume écouteuse. À un niveau profond, il est tendu. Tendu vers un objectif qui semble ne pas être Ici et Maintenant. 

D'ailleurs, la tension ne révèle-t-elle pas déjà subtilement que, ce qu’elle espère, n’est pas ce qu’elle espère vraiment ? Le véritable espoir n'est-ce pas en réalité d'être sans espoir, sans tension ? Le véritable désir n'est-il pas d'être sans désir ? Juste là avec ce qui se présente ?


Peu nombreux sont ceux qui ont le courage d’écouter la tension présente au sein même de l'espoir et du désir. C’est tellement plus commode d'écouter autre chose.

Lorsque l’homme le plus malheureux rencontre l’expérience la plus heureuse, il connaîtra une immense détente puis, peu à peu il commencera à s’y attacher et à ne pas vouloir la perdre, à chercher à la défendre à tout prix et à se tendre à nouveau. L'espoir génère désepoir, le titre le disait déjà. C'est la condition humaine.

D'autre part, fatalement, toute expérience naît et meurt. Aucune expérience ne pourra jamais tenir sa folle promesse de paix et de joie profondes et durables. Le désir et la peur sont les deux faces d’une même réalité Une et Indivisible. Nous avons simplement été conditionnés pour croire que l'espoir fait vivre, sans jamais vraiment en explorer la véracité. Alors nous allons d'espoir en désespoir, sans réaliser que sur un plan profond, nous sommes depuis toujours ce que nous cherchons.

Tout sentiment, pensée ou émotion possèdent nécessairement leur contraire, et le mental humain voudrait toujours ne faire l’expérience que d’une seule partie de la réalité. Je veux la beauté et je rejette la laideur, je veux le bien et je récuse le mal, je veux l’union et refuse la séparation ou bien le contraire… Je cherche l’amour mais renie la haine. C’est humain ! Trop humain, prenait bien soin de rajouter Nietzsche.

Pour Balsac, qui n’est pas un idéaliste, mais un fin connaisseur de la psyché humaine, et semble-t-il de la réalité, « l’espoir est une mémoire qui désire ». Wow !

Oui, vous avez bien lu. Et je laisse un interligne pour vous permettre de bien digérer ce qui vient d’être lu et vous ressert cette perle : « L’espoir est une mémoire qui désire » !

Cela tonne comme un éclair de lucidité, n’est-ce pas ?

La mémoire, qui est du passé, peut-elle vraiment répondre à notre désir le plus profond, qui est de réaliser notre vraie nature éternellement présente ? 

Dans son traité philosophique, « De la brièveté de la Vie », Sénèque nous rappelle que "c’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut plus désespérer". Car, oui, le mental humain est ainsi fait que, l’espoir fait inévitablement émerger son opposé, le désespoir. Dés que naît l'espoir renaît le désepoir. Espérer c'est désespérer. Lorsqu'il n'y a plus d'espoir, il y a un arrêt de la tension vers, un arrêt de la recherche. Et c'est paradoxalement ce STOP qui est véritablement auspicieux.


L'espoir est fondé sur l'idée qu'avec un changement dans le monde tout ira mieux. Il semble qu'il en soit ainsi. Mais c'est aussi le plus grand mensonge de l'humanité. Je ne dis pas que le changement ne doit pas avoir lieu. Il a lieu naturellement, sans auteur personnels redponsables de ce changement. Je vous invite juste à réaliser que notre véritable complétude ne dépend jamais réellement d'un changement dans le monde. En effet, il est possible de nous sentir complets dans des moments de grande angoisse, d'humiliation, en train d'être battus ou torturés, en ayany une maladie douloureuse, en devenant aveugle, en camps de concentration (voir témoignage bouleversant de Jacques Lusseyran) avant de mourir, en apprenant une nouvelle très triste. Il y a une multitude de témoingnages et pas seulement des saints. Il n'y a aucune situation objective qui en soi a le pouvoir absolu de nous faire perdre la complétude que nous sommes. Ce n'est simplement pas vrai. Et, tout le monde fait semblant de ne pas savoir.

En réalité tout va déjà très bien. Sur un plan profond, rien ne nous manque jamais Maintenant. La situation que nous vivons n'est jamais un empêchement de réaliser que nous sommes ce que nous cherchons. Aucune situation - même la plus douloureuse - n'a le pouvoir de m'empêcher de réaliser que la joie que telle expérience espérée semble contenir n'est que du bla bla mental, voilant la joie omniprésente que Je suis Ici et Maintenant.

Que faire ? Rien. Attention, il ne s’agit pas non plus de chercher à ne plus rien faire. L’action a lieu de toute évidence. Le changement dans le monde a lieu d'instant en instant. Toute perception va et vient, tout ce qui est perçu est impermanence. Simplement : voir et réaliser qu'il n'y a ni acteur ni auteur séparés aux commandes des pensées et des actes. L'acteur qui semble espérer est en réalité lui-même une sorte de fol espoir qui n'advient jamais.

« L’espérance d’une joie est presque égale à la joie » disait Shakespeare. Mais justement ! Tout est dans le presque. Le mental humain a cette capacité de généralisation, qui fait toute sa force … Et sa  plus grande faiblesse également. Tout réside justement dans ce « presque », dans le 0,0001 %. C’est ce fameux 0,0001 % qui nous gâche la fête. Car tôt ou tard, l’expérience révèlera sa nature duelle et impermanente, sa nature de simple perception, simple modulation au sein de la Conscience.

Ainsi, il s'agit de reconnaître le mensonge de l'espoir, l'irréalité de la supposition que "tout irait bien si seulement telle ou telle chose advenait".


L'invitation ici n'est pas de changer l'expérience mais de s'accorder avec ce qui est. Nous ne cherchons pas à espérer, c'est à dire préférer ou à exclure un expérience plutôt qu'une autre, mais de réaliser que tout ce qui advient est inéluctable. La réalisation non duelle de l'expérience directe est toujours inclusive et plutôt que d'éliminer la dualité, elle la couronne.

Dans la réalisation du Soi, le monde (bon ou mauvais) n'a pas changé. C'est notre perspective, ce à partir de quoi tout est vu qui change. Nous comprenons que cela qui semblait investi de l'énergie de l'espoir, le corps mental, n'est lui-même qu'une perception au sein de la Conscience. En d'autres termes le monde n'a pas changé, nous avons simplement cessé de gaspiller de l'énergie dans l'espoir et l'attente. Il est réalisé que, c'est l'attente d'autre chose que ce qui est, qui se trouve à la racine même de notre souffrance et de nos conflits.

Le problème de l'espoir est qu'il semble toujours relié à une entité personnelle qui espère. Or,vous aurez beau la chercher, une telle entité n'existe pas. 

Lorsque vous reconnaissez les comportements du corps mental comme une expression du Soi, de ce qui est, sans le filtre de l'espoir ou de ce qui devrait être, vous allez alors les expérimenter comme de simples perceptions au même titre de tout ce qui est, la force du vent et la course des astres.

La véritable question demeure : Qui suis-je ? Quelle est ma véritable nature ? Quelle est cette soi disant entité qui semble espérer ? 

Lorsque vous commencez à voir que la croyance en la séparation entre objets n'est pas validée par l'expérience directe, peut-il y avoir un "je" qui espère, un je qui serait séparé de tout ce qui est ? Si vous réalisez que tout est une expression du Soi Unique, où peut il y avoir un "je" séparé ?

Ainsi se révèle soudain un tableau beaucoup plus vaste. Vous êtes ce en quoi l'espoir et le désespoir apparaissent et disparaissent. L'espoir et le désepoir sont de simples modulations du Soi. Et il n'y a alors même plus d'élan pour espérer quoi que ce soit.

Expérience et jeu de révélation :

Mettez vos deux mains sur chacune de vos cuisses, les paumes tournées vers le haut. Investissez dans une des mains tout votre imaginaire et vos sentiments autour d'un espoir particulier dans une des mains. Demeurez un peu avec ce ressenti, au moins 20 secondes, sans commentaires. Puis, investissez dans l'autre paume la possibilité inverse de cet espoir, que rien de ce que vous espérez ne pourra jamais advenir. Ressentez-le, une vingtaine de secondes au moins, sans commentaires.
Puis, joignez ces deux perspectives, et par la mêm occasion vos deux mains sur le cœur. Et resssentez que vous êtes la Présence consciente dans laquelle l'espoir et le désespoir vont et viennent. Reconnaissez qu'il n'y a aucune séparation entre ces perspectives et Vous en tant que Présence consciente. Ils ne sont que des expressions de votre véritable nature éternellement présente.

Faites-le dés qu'un espoir ou un désespoir apparaît et, reconnaissez à chaque fois la nature non duelle de votre nature véritable.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
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